Après les réserves exprimées par le Premier ministre et leader du PTr, le Dr Navin Ramgoolam dans son message du Nouvel An, Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM trouve que le rapport du Comité Carcassonne est « mort-né » et qu’il est « inutile », désormais, de s’y attarder. Il souhaite, à la place, que l’on revienne avec les rapports Sachs et Collendavelloo et sur ce qui avait été convenu « presque à 100% » par le MMM, le PTr et le MSM, à ce sujet. Le leader de l’opposition annonce qu’il rencontrera, demain, l’ancien ministre des Finances et spécialiste des questions électorales en vue de discuter de toute cette question de réforme électorale. Après quoi, une rencontre gouvernement/opposition conduite par le Premier ministre et lui-même est prévue pour débattre du même sujet.
M. Bérenger juge « décevant mais révélateur » le message du Nouvel An du Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam. En effet, pour lui, ce message radio/télévisé révèle l’état d’esprit du chef du gouvernement, notamment, quand il parle de « stabilité politique » alors même que, selon le leader de l’opposition, « Navin Ramgoolam sait bien que c’est le contraire qui est vrai ». Pour lui, en ce faisant, le Premier ministre « essaie, sans succès, de convaincre » alors que, dit-il, ce dernier sait que depuis le départ du MSM du gouvernement, il peut perdre n’importe quand sa majorité.
Paul Bérenger trouve, d’autre part, « décevant » le message de Navin Ramgoolam par rapport, surtout, à ses commentaires sur le rapport du comité Carcassonne ainsi qu’au sujet des municipales. Dans le premier cas, il trouve que les réserves exprimées par le chef du gouvernement veulent simplement dire que ce dernier n’est pas encore prêt pour des commentaires précis. En ce qui concerne les municipales, le chef de l’opposition trouve qu’il était du devoir du Premier ministre de confirmer que ces élections vont effectivement  avoir lieu durant le premier semestre de 2012. Pour lui, cette non-confirmation « permet tous les doutes ».
Abordant la question de la réforme électorale, M. Bérenger souligne que ce qui aura surtout manqué à ce stade, c’est « la volonté politique » en vue d’une « bonne réforme ». Il souligne qu’à Maurice, la question revient sur le tapis au moment même où c’est aussi le cas aux îles Fidji. Alors que, rappelle-t-il, les ancêtres de l’ensemble des Mauriciens sont venus d’ailleurs, tel n’est, toutefois, pas le cas pour les Fidji qui, outre sa population d’origine indienne qui a débarqué au 18e siècle, compte aussi une population autochtone qui a toujours vécu dans ces îles.
Le leader de l’opposition explique que, conséquemment, la situation est plus compliquée là-bas où le système électorale est « totalement communal ». Paul Bérenger explique encore que ce pays est passé d’un système de « First Past the Post » à un système hybride très compliqué de « First Past the Post » couplé à une formule de « vote transfer » comme c’est le cas en Australie. D’où, dit-il, des propositions, dans ce pays, en vue d’un retour au système de « First Past the Post » comme par le passé ou à un système à la proportionnelle.
Revenant chez nous, le chef de l’opposition donne des détails sur le rapport Banwell de 1966 publié un an avant les élections pour l’indépendance. Un rapport qui, dit-il, avait proposé la désignation de cinq best losers dans un souci de représentation de l’ensemble des communautés tout en insistant sur la non nécessité pour des candidats aux élections de désigner leur communauté respective. L’expert britannique avait, rappelle-t-il, suggéré que ce soit la Commission électorale qui ait la responsabilité de la désignation de ces cinq best losers. Il avait, en outre, dit-il, programmé la disparition de lui même du système de best losers.
Dans ses propositions, explique encore M. Bérenger, Banwell avait aussi suggéré que si un parti a plus de 25% de suffrages mais moins de 25% d’élus, son nombre d’élus serait « top up » en fonction du best loser system qu’il avait suggéré de mettre en place. Ce qui, dit-il, avait soulevé un tollé avec l’organisation d’un grand meeting multipartite contre.
C’est alors que, rappelle-t-il, devait débarquer l’émissaire britannique, Stonehouse et l’organisation d’une grande réunion au Réduit. Au cours de cette rencontre, il fut convenu unanimement entre l’ensemble des dirigeants politiques de l’époque, rappelle Pauul Bérenger, d’abolir ce seuil de 25%, d’augmenter le nombre de best losers de cinq à huit et de contraindre l’ensemble des candidats aux législatives de déclarer leur communauté d’appartenance en vue de leur qualification pour être, éventuellement, désigné best loser.
« Carcassonne a fait de son mieux mais… »
Tout compte fait et après les réserves exprimées par le Premier ministre, le leader de l’opposition qui devait concéder, en réponse à une question, que le MMM, avec recul, a aussi « plus que des réserves » sur le rapport Carcassonne trouve que ce rapport est « mort-né et qu’il est inutile de s’y attarder ». Aussi, réitère-t-il son souhait à ce que l’on revienne de l’avant avec les rapports Sachs et Collendavelloo et sur ce que le PTr, le MMM et le MSM avaient convenu de faire à savoir, (i) garder le même set up de l’élection de 62 députés et la désignation de huit best losers et (ii) la désignation de 20 ou 30 députés additionnels à la proportionnelle.
Alors que, selon M. Bérenger, sur ces deux points, PTr, MMM et MSM étaient « d’accord à presque 100% », il ne restait qu’à s’accorder sur un mécanisme pour favoriser l’entrée à l’Assemblée nationale d’un nombre garanti de femmes ainsi que de trouver le mode de désignation des 20 ou 30 députés élus à la proportionnelle. Pour le chef de l’opposition, le comité Carcassonne a fait de son mieux mais il convient maintenant que le chef du gouvernement n’y prenne pas prétexte pour « perdre davantage de temps ».
Dans la foulée, Paul Bérenger annonce qu’il rencontrera, demain, lundi, Rama Sithanen à la demande de ce dernier pour discuter de réforme électorale. Il annonce aussi avoir parlé au téléphone vendredi, du même sujet avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam et précise que lui et un ou deux proches collaborateurs reprendront les discussions avec ce dernier et son équipe sur la question de la réforme électorale après avoir rencontré M. Sithanen. M. Bérenger trouve que si le chef du gouvernement a « la volonté politique, il est facile de finaliser les chose en vue de cette bonne réforme électorale ».
Par ailleurs, le leader du MMM indique qu’après que le Bureau Politique (BP) de son parti a accepté le principe d’un remake de l’Alliance de 2000 au terme d’un bon débat, il était question que ce sujet de remake soit officiellement porté, pour une première fois (hier après-midi), à la connaissance des membres du Comité Central (CC) du MMM qui seront, ultérieurement, appelés à approuver ou à rejeter cette proposition.
A l’heure des question, M. Bérenger devait expliquer que pour le MMM, la question du financement des partis politiques est aussi importante que celle de la réforme électorale. Il se prononce pour un financement public sans exclure un financement privé des partis « mais avec des contrôles ». Sous ce chapitre, Paul Bérenger allègue même qu’il y aurait eu, lors des dernières élections, du financement politique venant même de l’étranger. Il souhaite toutefois de manière générale, que l’insistance du Premier ministre sur des réformes ne vise pas qu’à faire retarder la prise de décision concrète.
Paul Bérenger concède, par ailleurs, que le fait que sir Anerood Jugnauth soit toujours en poste au Réduit comme président de la République n’aide pas à la concrétisation rapide du remake de l’alliance de 2000. Il dément aussi que ce remake se ferait selon une formule deux ans/deux ans/un an. « Un remake, c’est un remake », réitère-t-il en expliquant qu’au MMM, l’on a qu’en tête un tandem « Anerood / Paul » selon une formule « trois ans/deux ans ».
Cela dit, le leader du MMM réitère aussi qu’il n’est « pas question d’alliance du MMM avec ce qu’est devenu le PTr. Il n’y a pas et il n’y aura pas d’alliance avec le PTr », répète-t-il. Par rapport, enfin, aux prochaines élections régionales à Rodrigues, le leader de l’opposition souhaite, tout simplement, que le meilleur gagne. Même si, dit-il, le MMM a certaines sympathies, il souhaite que ces élections soient « vraiment libres ».
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MUNICIPALES: Bérenger annonce une « opération nettoyage » dans les villes
Alors que, dit-il, le MMM travaille sa liste de candidats « ou plutôt celle de l’Alliance du Coeur », il y a eu, cette semaine, note Paul Bérenger, « toutes sortes d’inaugurations » dans les municipalités. Mais pour lui, « tout cela n’y fera rien. » Selon lui, qu’importe qu’il y ait eu Gerrymandering ou quelque démarche de séduction de l’électorat, « l’opération nettoyage est en marche dans les villes après sept ans de gaspillage et de maladministration. »