Le leader de l’opposition, Paul Bérenger, a justifié sa décision de ne pas aller de l’avant avec sa Private Notice Question (PNQ) consacrée au projet Heritage City après que Pravind Jugnauth a passé la question à Roshi Bhadain, déclarant qu’une PNQ « doit être adressée au ministre concerné ». Il ajoute mettre « tout le blâme sur le dos de sir Anerood Jugnauth », ajoutant qu’il attendait de voir ce que fera le ministre des Finances.
Paul Bérenger estime qu’il revenait au ministre des Finances de répondre à la question. Il a rappelé qu’à l’origine, il y avait le projet Highlands Smart City, qui englobait une cité administrative. La SLDC avait confié à LuxConsult le soin de réaliser un plan directeur. « Or, sir Anerood Jugnauth s’est permis de confier une partie du projet à Roshi Bhadain. Et maintenant que le gouvernement a décidé de ne pas aller de l’avant avec le projet, tout le dossier devait normalement être renvoyé au ministre des Finances et une PNQ doit être adressée au ministre concerné, donc à Pravind Jugnauth. On ne peut pas poser une question à un ministère qui n’a rien à faire avec le sujet », a affirmé Paul Bérenger.
Interrogé par la presse pour savoir si le terrain initialement choisi pour la cité administrative avait été déplacé, le leader de l’opposition a affirmé que « tout le monde sait que tel a été le cas ». Il rappelle que l’opposition a tiré « à plusieurs reprises » la sonnette d’alarme au sujet des différents problèmes concernant Heritage City. « Ce projet, c’est de la folie furieuse du début à la fin. »
La conférence de presse d’hier a été essentiellement consacrée à la montagne du Morne. Paul Bérenger a rappelé que l’Aapravasi Ghat Trust Fund ainsi que Le Morne Trust Fund avaient été créés « alors que le MMM faisait partie du gouvernement », entre 2000 et 2005. Cela a également été le cas, dit-il, concernant la décision d’aller de l’avant pour demander à l’Unesco d’inscrire l’Aapravasi Ghat et Le Morne sur la liste des sites reconnus comme patrimoines mondiaux. Et d’ajouter que la décision de déclarer jours fériés les 1er février et 2 novembre pour célébrer la fin de l’esclavage et l’arrivée des travailleurs engagés a été prise par son parti. Le MMM, a-t-il expliqué, « a été étroitement associé à tous ces projets, qui sont de nature nationale ». Raison pour laquelle « la politisation outrancière constitue un manque de respect impardonnable du PMSD pour ce site sacré ».
« Xavier-Luc Duval avait dit qu’il fallait avoir des guides en raison du danger que représente l’ascension de la montagne. Trois semaines après l’inauguration, il n’en est rien. Il n’y a toujours pas de guides ni de protection ou encore de mesures pour protéger l’environnement. Les gens font ce qu’ils veulent. » Paul Bérenger a affirmé qu’il faut agir « très vite » du côté de la sécurité, de la protection de l’environnement et de la protection de ce « site sacré ». Il a déploré le fait que l’Unesco n’ait pas été impliquée dans la décision d’ouvrir un passage menant au sommet de la montagne. « Avant que l’Unesco ne mette un site sur sa liste de patrimoines mondiaux, il y a toute une série de procédures à suivre. Le site peut être déclassifié si des bêtises sont commises », a-t-il dit. Par ailleurs, Paul Bérenger a déploré que le “management plan” concernant la gestion de la montagne du Morne n’ait toujours pas été approuvé par le gouvernement. Tout en reconnaissant que l’accès à la montagne est « une bonne chose », il a demandé que des « mesures correctives urgentes » soient prises. Il a également annoncé son intention d’aller de l’avant avec une PNQ sur ce sujet afin de savoir quelles conditions ont été imposées par les propriétaires du terrain privé et si cette ouverture est permanente.