Dans un message diffusé à l’occasion des fêtes de fin d’année, les secrétaires généraux du MMM, Rajesh Bhagwan et Steven Obeegadoo, soulignent que 2011 aura été une année sombre pour les Mauriciens. « Une véritable crise de la gouvernance s’est installée parallèlement dans le pays comme en témoigne l’avalanche d’affaires politico-financières, d’abus de pouvoir, de gaspillage et de corruption. »
Rajesh Bhagwan et Steven Obeegadoo soulignent l’importance de remporter les élections municipales : « Afin de nous donner les moyens d’agir, il s’agit avant tout, l’an prochain, de gagner les municipales et forcer la tenue d’élections générales afin de donner un nouveau départ à notre pays. » Nous publions ci-dessous, le discours dans son intégralité.
« Une année qui s’achève, pour le MMM tout autant que pour nos compatriotes, c’est l’occasion de mesurer le chemin parcouru en un an, d’en dresser le bilan mais aussi d’anticiper l’année qui s’annonce au moyen de voeux et de résolutions.
2011 aura été une année sombre pour les Mauriciennes et les Mauriciens : le ralentissement économique a eu pour résultat une hausse du chômage, une perte du pouvoir d’achat accompagnée d’un accroissement de l’endettement des ménages. Une véritable crise de la gouvernance s’est installée parallèlement dans le pays comme en témoigne l’avalanche d’affaires politico-financières, d’abus de pouvoir, de gaspillage et de corruption. La liste est interminable : MedPoint, Hedging/STC, l’affaire Khamajeet, Jinfei, Infinity, Neotown, Rose Belle SE, SMEDA, Banque de Maurice…. Par ailleurs, l’insécurité croissante frappe avant tout les plus vulnérables : les vieux, les femmes et les enfants, tandis que l’inefficacité de la politique de l’État face à la drogue expose, plus que jamais, notre jeunesse aux dangers du Subutex. Les robinets qui ne coulent plus, la répression syndicale, les menaces pesant sur la liberté de la presse, le viol au quotidien de la démocratie par la MBC, le détournement de fonctions religieuses à des fins politiques et le recours opportuniste au communalisme et la crise du logement auront représenté notre lot quotidien toute l’année durant. Mais pis encore, l’année se termine avec la nouvelle qu’un tiers de nos enfants ont encore été recalés aux examens du CPE et le deuxième renvoi honteux des élections municipales et villageoises.
Mais cette même année a témoigné d’une remontée en force du MMM. Dénonçant semaine après semaine les injustices et la corruption (l’affaire MedPoint fut révélée par le MMM), faisant feu de tout bois à l’Assemblée Nationale (36 PNQ, 1145 interpellations, 81 interventions à l’ajournement des séances parlementaires) le MMM a poussé le gouvernement dans ses derniers retranchements, jusqu’à provoquer l’éclatement de l’Alliance Ptr-MSM-PMSD. Au sein de la société civile d’autres se sont illustrés dans le combat citoyen et le MMM ne saurait terminer l’année sans saluer le courage exemplaire de deux femmes, Rehana Ameer et Jyoti Jeetun.
À l’international, si les faits qui interpellent le MMM en cette fin d’année sont sans doute la crise de l’euro ravivant les craintes d’un double dip et les affrontements communautaires meurtriers au Nigeria, l’année 2011 aura été source d’espoir avec la vague de soulèvements populaires balayant les dictatures d’un autre âge dans le monde arabe et au-delà. Nous serons de tout coeur avec les peuples birmans, syriens, yéménites et sahraouis dans leur juste lutte en 2012 ; nous fêterons avec l’ANC sud-africain le centenaire du plus vieux parti politique africain ; mais plus que tout, nous souhaiterions que l’année nouvelle apporte une lueur d’espoir pour le peuple martyr de la Palestine.
Mais à Maurice même, l’année nouvelle s’annonce difficile avec un gouvernement affaibli et très mal équipé pour faire face aux dangers économiques d’une croissance défaillante et d’une crise sociale alimentée par la mal-gouvernance et l’affaiblissement des valeurs d’intégrité publique et de solidarité.
Ainsi donc, nos voeux et notre appel aux Mauriciennes et aux Mauriciens à l’aube de l’an 2012, se fondent sur la nécessité de s’indigner et de résister pour transformer notre pays.
S’indigner face aux frasques d’un régime minoritaire dans le pays et ayant perdu toute légitimité politique et morale de gouverner après la disparition de l’Alliance qui obtint 50 % des suffrages des votants aux dernières élections et l’abjecte recours aux transfuges de service pour se maintenir au pouvoir à tout prix.
Résister à la dilapidation des ressources de l’État et à une intolérable perversion de la gouvernance démocratique au seul profit d’un régime aux abois et aux affairistes et petits copains l’entourant ; résister face à la vie chère, à des services sociaux défaillants et à une démocratie au rabais.
Transformer notre pays et notre société afin qu’une autre République de Maurice voit le jour ou mauricianisme et méritocratie ; intégrité publique et démocratie participative ; progrès économique partagé et solidarité sociale agissante ; respect écologique et responsabilité intergénérationnelle soient non plus des voeux pieux mais les principes fondateurs de notre devenir commun.
Pour notre part, nous renouvelons notre engagement envers nos compatriotes de nous tenir constamment aux côtés des plus vulnérables, des travailleurs et des classes moyennes pour défendre le pouvoir d’achat, la sécurité publique et la démocratie et dénoncer toute injustice et toutes les injustices mais aussi pour combattre la corruption et les corrompus où qu’ils soient et quels qu’ils soient. Et nous serons avec les Rodriguais pour exiger que les élections régionales à Rodrigues soient libres et démocratiques.
Mais afin de nous donner les moyens d’agir, il s’agit avant tout, l’an prochain, de gagner les municipales et forcer la tenue d’élections générales afin de donner un nouveau départ à notre pays.
À toutes et à tous, que nos voeux les meilleurs vous accompagnent en 2012 ! »