Son pays d’adoption, la France, lui permet depuis peu de toucher du bout des doigts son rêve musical. Kristel vient de sortir son deuxième single, Mo Zetwal, un an à peine après sa première tentative (Mon bébé). De Limoges, où sa passion pour la musique et le zouk prend une nouvelle direction, la jeune femme originaire de Pamplemousses compte laisser son empreinte sur la scène afro-caribéenne.

“Qui sait attendre et être patiente finit par être récompensée par de bons résultats en temps et lieu”, confie Kristel pour résumer son parcours. Même si le chant a toujours fait partie de sa vie, rien ne prédestinait cette Mauricienne de 34 ans à se retrouver l’auteur/interprète de deux singles.

Depuis septembre, la chanteuse, qui vit à Limoges, a sorti son deuxième single, Mo Zetwal, où l’on entend également la voix de Ludmilla Ono. Un titre qu’elle invite ses compatriotes à découvrir et à apprécier sur la MBC et sur toutes les plates-formes de téléchargement légales. Des paroles émouvantes sur des airs zouk love entraînants que Kristel interprète en français et en créole pour “me démarquer. Je suis fière de mon identité et je n’oublie pas d’où je viens. Je compte faire connaître ma langue maternelle”.


Sa fille fut son porte-bonheur de son premier single. Pour son deuxième projet, Kristel a tenu à rendre hommage à sa défunte marraine. “Ce sont des textes dans lesquels tout le monde peut s’identifier. Mon but est également de créer des liens autour de moi.”

Persévérance

Après une pause de plusieurs années pour se consacrer à son rôle de mère, Kristel se décide à frapper à quelques portes parisiennes. “J’avais plus de chance d’y rencontrer du monde dans ce milieu. Je n’avais rien à perdre ou à gagner. Lorsqu’on est une simple inconnue et surtout une étrangère, l’audace ne sert à rien si on ne persévère pas pour se faire repérer.” Dans ses bagages, il n’y avait qu’une brève expérience durant son adolescence au sein d’une petite formation, les Black System. Par manque d’encadrement, elle n’avait pas pu exploiter sa passion pour le chant.

Sans le savoir, les nombreuses années bercées au son de Kassav, Oliver N’Goma, Zouk Machine, que ses parents écoutaient en boucle, se révéleront un atout lorsqu’elle devra choisir le style musical pour sortir de l’anonymat. “Je ne suis pas uniquement une chanteuse de zouk. Mais il m’a semblé comme une évidence de débuter par ce style avant de proposer toute l’étendue de mes capacités. C’est un son qui touche toutes les générations et qui est très apprécié en France et ailleurs. Il n’est écrit nulle part que les Mauriciens doivent impérativement chanter du séga.”

Avec de plus en plus de retours positifs et d’encouragements, Kristel, qui se décrit comme étant “une chanteuse à plume, très sensible et proche des autres”, est sûre d’avoir fait le bon choix. D’autres textes sont impatients à sortir du fond de ses tiroirs. Après Mon bébé et Mo Zetwal, la zouk girl espère trouver le juste milieu entre sa vie de famille et son métier dans la relation clientèle pour faire la tournée des scènes et des soirées afro-caribéennes. “Je rêve de me produire à Maurice, et pourquoi pas aux Antilles”.