Officiellement ouvert en 2009, le Fashion and Design Institute (FDI) a pour but, entre autres, de promouvoir l’excellence dans le domaine du Fashion and Design et le développement de l’entrepreneuriat. Riche de ses 18 années de savoir-faire – l’ancienne School of Design de l’IVTB dont il est issu datant de 1995 –, le FDI s’est plus récemment diversifié en proposant également une formation en Interior Design. La semaine dernière, l’établissement d’Ébène a ouvert pendant trois jours ses portes au public. Au programme : visite des locaux fraîchement rénovés, exposition de travaux des élèves, démonstrations, présentation des cours offerts et défilé de mode…
Au Fashion and Design Institute, dont les locaux sont situés au MITD Complex à Ébène, un beau projet a vu le jour en novembre dernier : l’embellissement de l’école. Depuis sa nomination comme directrice de l’établissement l’année dernière, Sadhna Juwaheer n’est pas restée les bras croisés, en attendant que l’institut déménage pour un nouveau campus, toujours à Ébène. « Les cours ont été dispensés dans ce bâtiment depuis plus de 18 ans et il était grand temps d’y apporter quelques changements et d’embellir les espaces. Nous avons rénové jardin, toilettes, salles de classe, et avons créé un Student Area », explique ainsi celle qui est à l’origine de cette initiative.
Le relooking du FDI a, de plus, vu la participation active de ses élèves, ces derniers créant des objets décoratifs et réalisant des peintures pour orner la salle de réception et certains murs. À ce projet, l’institut a voulu ajouter un volet environnemental. En effet, dans l’agenda prévu par Sadhna Juwaheer figurent ainsi des journées consacrées au nettoyage.
Dans cet établissement qui a formé de nombreux créateurs de mode, tels Fabien Fauzou ou Zinaida Ramjaun, les élèves doivent véritablement se mettre dans la peau d’un styliste. « Le but est de les préparer à affronter au mieux l’univers du travail », indique la directrice. Ainsi, tout est mis en oeuvre pour développer la créativité. Allagain Ramakrishna, étudiant en première année, n’est pas avare en éloges : « On nous encourage à créer sans limites. Cela nous libère. » Et son ami Ishan Teeluck d’ajouter : « La création aide à évoluer et l’utilisation des couleurs nous aide à exprimer nos émotions. »
Et lorsque le talent est inné, cela provoque l’enthousiasme créateur. Pour Charlotte Gouges, enseignante du Foundation Course, « tout devient facile ». « L’étudiant n’apprend pas comment faire naître une pensée. L’inspiration, la créativité viennent tout seul », ajoute-t-elle. Une de ses élèves, Randriambalohery Oninavalona, originaire de Madagascar, confie être issue d’une famille d’artistes, avec une mère styliste, un oncle mélomane et une tante chanteuse. « Nous sommes une famille très diversifiée dans l’art », soutient-elle. C’est donc tout naturellement que la jeune femme de 24 ans opte pour le domaine de la création. Après trois mois d’études en décoration d’intérieur à Tananarive, elle s’inscrit et est admise au FDI. « J’ai voulu m’écarter de la déco d’intérieur pour m’orienter vers le Fashion design ». Depuis qu’elle suit les cours menant au Diploma in Foundation Studies (Art & Design), elle y trouve son bonheur : « On crée tous les jours. C’est un quotidien qui se renouvelle, qui est toujours nouveau tous les jours. C’est ce qui me plaît. »
Selon les chiffres donnés par la direction, environ 90% des étudiants sortants trouvent immédiatement un emploi. Nombre d’entre eux travaillent actuellement dans le secteur du textile ou ont même créé leur propre entreprise. D’autres ont par la suite été admis dans de prestigieux établissements tels que l’University of the Arts de Londres, le Central Saint Martin ou l’Université de Kent.
Pour rester à la pointe de la technologie, l’école a fait acquisition de nouveaux logiciels graphiques, permettant ainsi aux élèves d’avoir tous les moyens et les outils pour être convenablement préparés à l’univers du travail. « Nous possédons un Mac Lab et quatre IT Labs. L’élève est amené à travailler sur PC et Mac tout à la fois. Our courses are designed to match the industry needs », nous dit Sadhna Juwaheer.
Dans cet institut subventionné par l’État, 200 étudiants – dont 5% d’étrangers – fréquentent les différents départements. Ils reçoivent pendant trois ans une formation dispensée par un staff d’une dizaine d’enseignants et de nombreux intervenants externes impliqués dans l’industrie. En cours, toutes les techniques et les pratiques artistiques sont abordées : peinture, dessin, architecture, etc.
Moyen-Âge, Renaissance, Siècle des Lumières, XIXe, XXe, années 20, Après-guerre… La mode se développe au fil de l’histoire et le vêtement se métamorphose. Au département Fashion & Design, l’histoire de la mode à travers les siècles constitue un des modules. Il ne suffit pas de savoir dessiner ou de comprendre l’association des matières ou des couleurs, les coupes et les volumes, mais aussi de connaître les époques et de savoir faire des recherches. « L’aspect « production » des créations comprend la recherche et les inspirations servant à la réalisation d’un « moodboard » », explique Anjali Kala-Beejadhur, enseignante du département. Ses élèves viennent de lui soumettre leur projet, intitulé La Belle époque, qu’ils ont élaboré selon leurs affinités, leur intérêt et leur sensibilité. Les années 20, la période hippie et les années 1930-45 ont ainsi inspiré les apprentis stylistes, qui ont consciencieusement mis en place un panneau présentant au mieux leurs travaux.
La popularité actuelle des Fashion Shows aurait tendance à faire oublier que le FDI est aussi un établissement dédié à la création dans son ensemble et qui offre des cours de Graphic Design. Nous avons découvert les travaux des élèves de cette filière. Brochures, manuels illustrés… Les travaux des élèves comme Reena Somanah-Luchmiah ou David Cerveaux frappent par leur originalité. « Le FDI a formé 250 graphic designers spécialisés en print media, en web, en multimedia, en animation 2D et 3D, et en TV graphics », précise la directrice de l’établissement.