Un nouveau cas de pédophilie ressemblant à celui de l’affaire MITD secoue le collège Hamilton Girls à Mahébourg. Cette fois, trois élèves de Form 1, III et V sont les victimes d’un enseignant de musique. Le prédateur sexuel, 38 ans, proche du gouvernement, est le fils de la présidente d’une importante institution constitutionnelle. L’enseignant a été arrêté à deux reprises en 2008, à un mois d’intervalle, pour harcèlement sexuel contre ses collègues femmes. Il a récidivé mais, cette fois, en emmenant 3 de ses élèves dont 2 mineures dans un bungalow à Blue-Bay après les heures de classe. C’est la circulation d’un clip montrant un enseignant et deux élèves en position compromettante qui a permis de mettre cette affaire au grand jour. En parallèle avec l’affaire alléguée de pédophilie dans un établissement du Mauritius Institute Training & Development (MITD), le Front pour la Protection des Enfants et des Éducateurs (PFED) composé de plusieurs mouvements syndicaux s’organise pour « veiller à ce que justice soit rendue. » Dans la même veine, le front réclame, au nom de la « protection des  enfants », la tête du ministre de l’Education, Vasant Bunwaree. 
Ce sont des rumeurs persistantes mais également après que deux membres du personnel du collège aient vu et entendu parler du clip que le recteur Premnath Jootun et le Manager A.K. Esoof ont convoqué, lundi, l’enseignant incriminé ainsi que les trois filles. Le clip a été tourné par l’élève en Form V alors que les deux plus jeunes étaient soumises à satisfaire les pulsions sexuelles les plus basses de l’enseignant. Le clip aurait également connu un court passage sur Youtube avant d’être enlevé. Les trois collégiennes ont confirmé les faits allégués aux responsables du collège. Depuis lundi dernier, l’instituteur a été déclaré Persona Non Grata au collège. Acculé, l’enseignant originaire d’Eau Coulée, Curepipe – qui vit séparé de son épouse mahébourgeoise –, a donné sa démission, le jour même.
Selon les informations glanées de diverses sources dignes de foi, l’enseignant A.A avait intégré le collège comme clerk six ans de cela avant de se convertir en instructeur de musique.
Interrogé au téléphone par Week-End, hier après-midi, A.K Esoof, le manager du collège, a confirmé que les filles ont tout admis. Leurs parents, explique notre interlocuteur, ont toutefois supplié la direction de laisser tomber l’affaire dans un souci de préserver l’image de leurs jeunes filles. Mais, dit le manager, « j’ai cru bon de rapporter l’affaire à la Child Development Unit. Les officiers sont venus, vendredi, et nous leur avons soumis tous les documents y relatifs et les lettres des parents demandant d’abandonner l’affaire. »
Week-End a eu confirmation, vendredi, auprès des responsables de la CDU que le cas de pédophilie fait l’objet d’une enquête depuis la fin de la semaine. Les trois filles, disent-ils, ont été « rusticated until Wednesday. Et de là, la direction décidera quoi faire. » Le recteur Premnath Jootun précise, pour sa part, que « le collège collabore entièrement avec les autorités. »
Par ailleurs, les trois syndicats du MITD, soit l’USMITD, MUTDTUIU et la MITDEU, se sont réunis en assemblée générale au lendemain de la seconde Private Notice Question (PNQ) sur le scandale de pédophilie alléguée au MITD pour prendre position contre le ministre Bunwaree et font appel pour que d’autres se joignent à leur lutte.
Le front composé de mouvements syndicaux, après s’être rencontré mercredi, soutient par ailleurs qu’en raison de la politique de sourde oreille adoptée par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et devant la dégénération des choses, le front préconise que le ministère pour l’Égalité du Genre reprenne le dossier ainsi que celui du Travail en vue de la réintégration des employés licenciés et suspendus du MITD.
Ce front syndical réclame la publication du rapport Torul concernant « des dépositions faites concernant les rapports d’un éducateur avec une mineure. » Il exige une nouvelle politique de recrutement du personnel du MITD pour éviter la présence de prédateurs sexuels potentiels parmi ces jeunes. Même si, écrit-il, le PM adopte une politique de sourde oreille face aux demandes, le Front compte solliciter son intervention pour la réintégration de l’ex-instructeur Sudha Singh, de la psychologue Pascale Bodet et du syndicaliste Hemandar Madhow.
Le Front envisage de multiplier les initiatives en vue de mener une campagne sur le plan national contre le ministre Bunwaree et se donne un délai de quatre semaines pour « réunir un maximum d’élèves, d’éducateurs et de parents pour participer à une manifestation publique dont la date sera arrêtée, mardi, lors d’une nouvelle réunion. » Un jour d’école est favorisé pour cette désobéissance. La manifestation envisagée aura pour « objectif d’empêcher que des liens de parenté, de soumission, de relations sexuelles, notamment entre ceux qui sont responsables de protéger des enfants, ne protègent les prédateurs au détriment des enfants. »
Sudha Singh est restée durant toute la journée d’hier à boucler sa déposition au Central CID avec la soumission des trois CD d’enregistrement de confessions.