Plusieurs habitants de Moka ont été réveillés samedi par un « bruit assourdissant » provenant de la Montagne-Ory. La végétation qui boisait le pan avait laissé place à une « balafre grise », ajoutent-ils. Ce changement de paysage sur la paroi de la Montagne Ory, visible de l’autoroute à la hauteur de Bagatelle, est le résultat d’un éboulement de la partie supérieure de la montagne qui a balayé dans sa course folle la végétation présente. Heureusement cette coulée de pierres s’est arrêtée à quelques dizaines de mètres d’une maison en construction.
Olivier Masson, qui vit au pied de la Montagne-Ory, explique que l’éboulement s’est produit « entre 4 h et 6 h samedi ». « J’ai alors entendu un fracas. J’ai cru que c’était une explosion. Il y avait beaucoup de fumée. Après quelques minutes j’ai vu une énorme balafre sur la montagne ! »
Cet éboulement avait ainsi « défiguré » une partie de la Montagne-Ory. « Selon certains habitants un phénomène similaire s’est produit il y a dix ans », dit Olivier Masson. Et de se demander : « Qu’est-ce qui cause ce phénomène ? Comment peut-on le prévenir ? »
Les éboulements survenus à Montagne-Ory il y a une quinzaine de jours et samedi ainsi que l’érosion seraient par ailleurs dus aux récentes pluies diluviennes. Le Dr André Chan Chim Yuk, ingénieur géotechnique et chargé de cours à l’université de Maurice en a fait état dans l’édition du Mauricien d’hier.
Selon Vincent Florens, « la lubrification des sols, puis l’alourdissement et le glissement, sont tout à fait naturels ». La région de Montagne-Ory, souligne ce professeur d’écologie qui a participé il y a quelques années à la rédaction d’un rapport sur les Environment Sensitive Areas, est une zone à risques. « C’est une zone de captage d’eau de pluie. Il y a surtout des risques par rapport à la construction dans cet endroit. »
Par ailleurs, ajoute Vincent Florens, les risques d’« éboulis » sont augmentés par « les défrichements ». « De plus, nos forêts sont envahies par des plantes exotiques, dont le système racinaire est plus superficiel que celui de nos plantes endémiques. Cela accentue également les risques ».