Les premières représentations de la troupe Théâtralis de Les Fourberies de Scapin ont eu lieu mercredi devant un public scolaire. Cette démarche atteint ainsi son objectif premier de mieux faire comprendre la pièce écrite en 1671 par Molière aux élèves qui l’étudient. Les jeunes spectateurs ont aussi été émerveillés par la performance des acteurs sur scène.
« C’était super ! C’était vraiment trop top », lance Jordan Berthelot d’une voix empreinte d’excitation à la sortie de la pièce. Cet élève de Form V au collège St-Andrews ajoute qu’« on comprend mieux le texte. Et les personnages sont extraordinaires avec les expressions corporelles ». « Surtout Scapin ! » renchérit Lisa Janson, également en Form V dans le même établissement.
« C’était magnifique », estime de son côté Chloë Hack, élève de Form IV au SSS Quatre Bornes. « C’était drôle », ajoute une de ses amies alors que les autres, plus timides, acquiescent d’un signe de tête ou d’un sourire.
Dès l’ouverture du rideau, le public est plongé dans un autre univers avec des chants d’oiseaux mêlés aux bruits des vagues. Une douce lumière éclaire la scène, de grands rideaux blancs pendent du toit, des caisses avec des filets jetés par-dessus sont installées des deux côtés de la scène et à l’arrière, avec une partie cachée derrière les rideaux et un banc au milieu autour duquel se jouera une grande partie de la pièce.
Sylvestre, le valet d’Octave incarné par Alexandre Martin que les Mauriciens connaissent notamment à travers la troupe Komiko, fait une apparition furtive. Et c’est l’hilarité parmi le public. Octave, incarné par Kevin Bissonauth, entre en scène, il parle à Sylvestre… Dans le public, c’est le silence quasi-total, si ce n’est les quelques murmures de certains qui commentent la pièce de temps à autre. Des éclats de rire à l’arrivée d’un nouveau personnage, dont l’apparence est drôle, des répliques ou situations effrontées ou cocasses brisent le silence de temps à autre.
Chaque acteur plongé dans son personnage entraîne les spectateurs dans son monde. Julien Dijoux, élève au Lycée La Bourdonnais qui incarne le personnage de Scapin, est peut-être celui qui a marqué le plus les esprits avec ses longues répliques et gestuelles. D’une souplesse déconcertante, il court rapidement sur la scène qu’il occupe dans sa totalité. Les planches du Mahatma Gandhi Institute à Moka semblent de temps en temps se transformer en patinoire, Scapin effectuant presque des figures de glisse à chaque fois qu’il doit fuir. Telle une marionnette, il séduit son public.
Valet de Léandre, incarné par Jérémie Avice, Scapin tient le rôle principal. « Doté d’une incroyable intelligence, il effectue de nombreuses fourberies. Il est souvent appelé par Octave et Léandre pour résoudre des problèmes. Il aime bien tromper Argante et Géronte. On découvre, au fil de la pièce, que Scapin est certes un fourbe mais aussi un homme avide de vengeance, qui a en effet passé trois ans dans une galère avant l’histoire des Fourberies de Scapin. »
La troupe Théâtralis présente en une heure et demie Les Fourberies de Scapin. Vêtus de costumes d’époque, les acteurs respectent aussi l’originalité du texte de ce classique de la littérature française enseigné aux élèves des Forms IV, V et VI. Si certains groupes d’élèves n’ont pas encore terminé la lecture intégrale et l’étude du texte au collège, voir leurs personnages livresques prendre corps devant eux les encouragent à poursuivre le travail avec enthousiasme…
La pièce Les Fourberies de Scapin est jouée au Mahatma Gandhi Institute à Moka jusqu’au 3 avril. Deux autres représentations sont prévues le lundi 2 et mardi 3 à 10 h et à 12 h 30. Le billet est à Rs 100 en matinée. Renseignements et réservations au 796 5497.