Commencera en septembre prochain devant la Cour suprême une affaire qui devrait retenir l’attention dans le monde des affaires. Il s’agit du procès qu’intente le Groupe Currimjee, à travers CJ Investments, à Gérard Sanspeur, l’ex-Managing Director d’une de ses compagnies.
Les protagonistes de ce procès sont connus dans le monde des affaires. Le groupe Currimjee a plus de 120 ans d’existence à Maurice. Il a été le pionnier du téléphone cellulaire dans l’hémisphère sud, a représenté des compagnies aériennes, géré des agences de voyage, est actif dans le secteur audio visuel et vient de faire son entrée dans le domaine de la promotion immobilière. Pour sa part, Gérard Sanspeur est un professionnel respecté dans le monde des affaires, plus particulièrement dans les secteurs du management, du développement économique et du commerce régional. Il a, par ailleurs, exercé de hautes responsabilités à Maurice et à l’étranger, tant dans le secteur public que privé. Voici un résumé de l’affaire selon les documents soumis à la Cour par les deux parties.
En 2008, le Groupe Currimjee emploie Gérard Sanspeur comme Projet Leader du projet Plaisance Aero Ville qui devait être construit à proximité de l’aéroport SSR. Une année plus tard, le groupe décide de lancer un projet immobilier d’envergure un peu plus loin de l’aéroport, sur le littoral, le Cambuse Resort Village.
Le 30 décembre 2009, Gérard Sanspeur est nommé Managing Director du projet, dont la mise en place va connaître une série de retards. Les plans ne sont pas prêts, des autorisations ne sont pas obtenues, ce qui aurait poussé le plaignant à remercier Gérard Sanspeur dont il n’avait plus besoin des services en 2011. Au début de septembre de cette année, les deux parties trouvent un accord à l’amiable pour que Gérard Sanspeur quitte la compagnie le 31 octobre 2011. Mais le 19 septembre, M. Sanspeur écrit à celui qui est toujours son employeur pour lui dire qu’il avait le sentiment que la décision de le renvoyer avait été prise depuis le mois d’août et que de ce fait, cette décision n’était pas légale. Il ajoute que la décision de le renvoyer aurait été liée à un rapport environnemental qui interdit au groupe de bâtir son projet de village sur les dunes de sable de la plage de la Cambuse. Après une longue série d’échange de lettres et de documents, le groupe décide de traîner son ancien employé en Cour. Dans sa plainte, il qualifie son ex-cadre de « disgruntled ex-employee » qui aurait manifesté son intention de discréditer la compagnie, lui réclame la somme de Rs 10 millions et demande à la Cour de lui interdire de diffuser, directement ou indirectement, des informations confidentielles qui ont pu être en sa possession.
La stratégie de la défense semble être de mener la bataille sur le front de l’éthique et de la bonne gouvernance dont se réclame le Groupe Currimjee. Parmi les questions posées par les hommes de loi du défenseur au plaignant, on note une série concernant un ex-président du conseil d’administration de la State Bank of Mauritius et aujourd’hui employé du Groupe Currimjee. Les avocats du plaignant veulent savoir si pendant qu’il était président de la SBM, il était également directeur d’une compagnie, a participé à des missions et à des négociations à Maurice et à l’étranger pour cette compagnie et s’il était rémunéré.