La direction du groupe IBL a fait part ce matin de sa confiance quant à la consolidation des activités de ce conglomérat sur le moyen terme. « Bien que la croissance demeure un exercice difficile, notre objectif est de continuer à améliorer notre “bottom line” et de dégager suffisamment de ressources pour bâtir des bases financières solides », ont déclaré les dirigeants d’IBL lors d’une conférence de presse, où ils ont fait le point sur la performance 2013/14. IBL a ainsi terminé cet exercice financier avec un chiffre d’affaires plus ou moins inchangé à Rs 19,7 milliards ainsi que des profits opérationnels de l’ordre de Rs 1 milliard, soit en baisse de 18% par rapport à 2012/13.
Faisant un tour d’horizon des secteurs d’activité du groupe, Nicolas Maigrot, Chief Executive Officer, a fait ressortir que, malgré un contexte économique local et international marqué par des incertitudes, les résultats d’ensemble du groupe restent « satisfaisants ». Les actifs totaux sont en effet passés de Rs 19 milliards à Rs 20 milliards tandis que le taux d’endettement a diminué, se chiffrant à 46% en juin 2014, contre 50% en juin 2013. Le chiffre d’affaires, lui, s’est maintenu à environ Rs 19,7 milliards. Plusieurs secteurs d’activités ont enregistré des taux de croissance jugés « intéressants », notamment pour le secteur “Commerce”, dont les profits ont augmenté de 18% en dépit du fait que la consommation à Maurice n’a pas connu de progression spectaculaire, la division “Retail”, qui a vu ses profits grimper de 11%, et ce malgré « une concurrence acharnée entre un nombre croissant de compétiteurs dans un marché stagnant, couplé à un comportement du consommateur de plus en plus prudent ». Le secteur “Logistics, Aviation & Shipping” a amélioré sa rentabilité grâce à la bonne performance des opérations à l’aéroport, du fret et l’entreposage.
En revanche, les résultats du secteur “Seafood & Marine” ont été plus mitigés. Le chiffre d’affaires a en effet baissé de 4% alors que les profits après taxes se sont élevés à Rs 456,1 millions, contre Rs 560,4 millions en 2012/13. La direction d’IBL observe que la compagnie Thon des Mascareignes a subi un repli de ses bénéfices du fait de la fluctuation des prix de la matière première et de l’ouverture du marché européen à d’autres pays d’Asie, dont la Thaïlande. Pour ce qui est du pôle “Engineering”, le report de certains grands projets d’infrastructures à l’échelle nationale et des investissements « timides » dans le secteur touristique ont affecté sa performance. Les services financiers du groupe ont également enregistré une réduction des bénéfices : de Rs 225,1 millions à Rs 161,7 millions.
« L’environnement dans lequel nous opérons mondialement reste marqué par des risques et des soubresauts auxquels nous devons faire face quotidiennement », souligne Arnaud Lagesse, président du conseil d’administration d’IBL, dans un communiqué explicitant la performance 2013/14 du groupe. Arnaud Lagesse est d’avis qu’il existe des opportunités et que le groupe compte bien les saisir. IBL affiche un grand intérêt pour le continent africain et espère bien pénétrer les marchés qui se développent. À travers une politique d’investissements intelligente et prudente, notamment dans le développement des capacités humaines et l’innovation au niveau des produits et services du groupe, IBL va s’armer pour prendre avantage des opportunités qui seront créées lorsque la croissance, tant locale que mondiale, s’accélérera.
La direction d’IBL est d’avis qu’il faut équilibrer l’offre et la demande à Maurice. Elle cite plusieurs exemples : les chambres d’hôtel, les centres commerciaux et les bureaux, entre autres, dont le nombre a augmenté beaucoup plus que la demande. Il faut, estime Nicolas Maigrot, « éliminer le surplus d’offres ». Le CEO d’IBL appelle à des investissements directs intelligents pouvant permettre de créer des emplois. Le FDI, a-t-il ajouté, ne doit pas être utilisé pour des rachats de sociétés. Nicolas Maigrot est aussi d’avis qu’il faut développer davantage le  “finance hub” et le “knowledge hub” ainsi qu’attirer plus de professionnels étrangers au pays. Il a en outre souhaité que des investissements plus conséquents, soient consentis dans les infrastructures.
Par ailleurs, IBL a réaffirmé sa politique d’expansion régionale, faisant état de la mise en chantier de ses projets au Gabon (“seafood” et construction d’un chantier naval) et ses perspectives pour l’installation d’une usine de production de viande en Ouganda.