Effet de choc et d’entraînement depuis la nuit d’hier à ce matin avec la succession de sanctions des régulateurs du secteur financier, la Banque de Maurice et la Financial Services Commission, contre la gestion financière du groupe British American Insurance (Mauritius) (BAI). Conséquence directe : l’empire de Dawood Rawat, avec un chiffre d’affaires annuel de Rs 37 milliards et des revenus annuels de Rs 10 milliards, s’écroule. Pire encore, une quinzaine de membres de la famille Rawat, engagés dans la gestion des affaires du groupe, font l’objet depuis hier après-midi d’Arrests on Departure et également on Arrival, Notices logés formellement au Passport and Immigration Office (PIO). Ils sont soupçonnés de délit allégué de Money Laundering avec un premier chiffre de Rs 9 milliards, cité dans des milieux bien informés à l’hôtel du gouvernement.
Le scandale BAI s’apparente à un Ponzi Scheme, dont le montant dépasse les Rs 20 milliards. La révocation de la Banking Licence de la Bramer Banking Corporation Ltd (BCCL) du groupe BAI par la Banque de Maurice dans la soirée d’hier a renforcé la panique patente chez ses clients. Ce matin, la décision de la Financial Services Commission de procéder à la nomination d’André Bonieux et de Mushtaq Oosman en tant que Curators de l’aile assurance de la BAI sous l’article 106 de l’Insurance Act est venue porter le coup de grâce à l’un des plus importants conglomérats à Maurice avec des intérêts dans des secteurs aussi divers que la banque, les assurances, le commerce d’électroménager et de voitures de luxe et les devises étrangères. Depuis ce matin, quelque 4 000 employés du groupe BAI sont dans le flou total quant à leur avenir et les quelque 160 000 détenteurs de police d’assurance de ce groupe attendent des réponses à leurs appréhensions.
Depuis plusieurs semaines déjà, la direction de la Bramer Bank ou encore du groupe BAI avait tenté en vain d’endiguer les rumeurs de graves difficultés de trésorerie et de liquidités. Les exercices de communication ne devaient rien donner. Le communiqué officiel émis par la Banque de Maurice vers 1 h ce matin confirme que les graves problèmes de cette banque du groupe Rawat ne datent pas d’hier.
La Banque centrale, qui a mené une on-site examination des livres de la Bramer, avait signalé officiellement le 27 février dernier « a number of significant deficiencies (going back to 2012) » tout en imposant à cette banque un délai pour prendre des mesures correctives et remettre sur les rails les opérations en conformité aux dispositions de la Banking Act 2004. Depuis la fin de l’année dernière, la Bramer Bank, qui avait accordé un emprunt de Rs 45 millions à l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam pour l’acquisition du bungalow de Roches-Noires, a subi d’importants retraits bancaires, affaiblissait du même coup sa capacité de rebondir.