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Le cashless betting sera bientôt une réalité à Maurice. Même si les premiers essais ne se feront que dans quelques semaines, cette nouvelle façon de parier devrait voir le jour l’année prochaine. Les autorités mauriciennes sont déjà en présence du rapport intérimaire de Christina Thakor-Rankin, CashlessBetting Consultant, dont les services ont été retenus en vue de l’implémentation de ce projet. Cela fait suite à la rencontre que la Britannique avait eu avec les différents stakesholders du secteur en février dernier lors de son passage dans l’île. Vendredi dernier, c’est la presse qui a été conviée pour être mise au courant des tenants et aboutissants du projet.

Christina Thakor-Rankin

D’emblée Christin a Thakor-Rankin a fait comprendre que le cashless betting n’est pas une recommendation de sa part mais bien une «governmental policy that was agreed well before the tender process started », c’est-à-dire, bien avant que l’appel d’offre qui a débouché sur son recrutement soit lancée. « I’m not here to influence policy », a-t-elle martelé.

Comme son nom l’indique, le cashless betting est un moyen de placer des paris sans que l’argent physique ne soit impliqué. Le but est de combattre le blanchiment d’argent, le crime organisé et le financement du terrorisme à travers l’industrie du betting. S’appuyant sur un rapport du FATF – Financial Action Task Force – une organisation internationale qui avait identifié le monde du jeu et pari comme un de secteurs les plus à risques en ce qui concerne le blanchiment d’argent, Christina ThakorRankin, insiste que Maurice aurait tort de croire qu’elle est à l’abri. « In Europe and especially in the UK, betting and casinos fall under the Fourth Anti-Money Laundering Directions », a-t-elle soutenu. « We are not inventing the wheel nor doing anything new. We are just doing what the rest of the world is doing. The cashless betting project is not a result of betting and gambling legislations. It is a result of money laundering and terrorist financing regulations. »

La forme que prendra ce cashless-betting system n’a toutefois pas encore été décidé. S’agirait-il de cartes prépayés, de mobile betting, de remote betting comme c’est le cas avec SMS Pariaz ? Le seuil qui a été fixé, à Rs 2000. veut promouvoir le responsible gambling. « Mme ThakorRankin va proposer deux ou trois solutions dans son rapport sur la base des consultations qu’on a eu avec les différents stakeholders. Elles seront soumises au board de la GRA et le ministère des Finances qui est le parent Ministry. C’est à partir de là qu’on implementera, dans un premier temps, le projet pilote », indique pour sa part Chhayan Ringadoo, Chief Executive Officer de la GRA. « Si tout se passe comme prévu, les premiers essais devront démarrer d’ici octobre », laisse-t-elle entendre. Pour le bon fonctionnement du projet, plusieurs agences étatiques et para-étatiques seront mis a contribution notamment le Banque de Maurice, la Mauritius Revenue Authority (MRA), la Financial Intelligence Unit (FIU) et la Police.

À noter que qu’un cashless betting system est une des recommandations du Fonds Monétaire International (FMI) et de la FIU. Même le rapport Lam Shang Leen sur le traffic de drogue l’avait recommandé, l’ancien juge et ses assesseurs, trouvant qu’il y avait trop d’argent en circulation dans le monde des paris à Maurice et qu’il n’y avait aucun moyen de contrôle et de traçabilité.