Depuis onze semaines déjà, l’actualité est monopolisée par les séquelles de l’écroulement de l’empire Rawat, évalué à quelque Rs 35 milliards. Des emplois dans le groupe BAI sont menacés. En marge de ces risques, le ministère du Travail et des Relations industrielles a enregistré 4 177 licenciements au cours des cinq premiers mois de l’année. De ces licenciés, un peu moins de la moitié tente une expérience de recyclage sous le Work Fare Programme. Mais face à cette situation avec très peu de signes d’un renversement de tendance dans les prochains mois, un front syndical, comprenant la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP), la Federation of Progessive Unions (FPU) et le Front des Travailleurs Unis (FTU), a été constitué pour alerter les autorités sur le drame humain de ces licenciements et pour réclamer des mesures d’encadrement.
Les dernières indications confirment que le ministère du Travail et des Relations industrielles a enregistré de janvier à mai de cette année 4 177 licenciements, soit 2 661 hommes et 1 566 femmes. De ce nombre, 1 970, dont 633 femmes, ont pris avantage des facilités de recyclage sous le Work Fare Programme. Ce palliatif, qui permet à l’employé licencié de chercher une autre voie professionnelle, prévoit le paiement d’un Transition Unemployment Benefit pour une période maximale de 12 mois, comme suit : pour les trois mois 90% du salaire de base ; du quatrième au sixième mois 60% du salaire ; et du septième au douzième mois 30% du salaire. Le montant minimal est de Rs 3 000 par mois, alors que le Transition Unemployment Benefit est calculé sur les salaires de base, sans dépasser toutefois le plafond des salaires de Rs 13 470 fixé pour la contribution au Plan National de Pension.
Parmi ces 1 970 employés licenciés sous le Work Fare Programme se trouvent les premières victimes de limogeage dans le sillage du BAI Mega-Financial Scam, notamment les employés d’une des filiales de BAI, GRNW Boat Yard Ltd. La tension est de mise parmi les quelque 1 500 employés d’Apollo-Bramwell, de Courts et d’Iframac, qui sont sous le coup d’un sursis jusqu’à la fin de ce mois. La question qui se pose dans la conjoncture est quel sera le plan de redéploiement du personnel de ces entités à la conclusion de l’exercice d’expression of interests actuellement en cours sous la supervision des Special Adminustrators de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities, Mushtaq Oosman et Yogesh Basgeet.
Ainsi, avec l’incertitude planant sur les emplois des membres du personnel du BAI, sans compter ceux dans la situation extrêmement précaire dans le secteur de la construction avec quelque 6 000 emplois de moins, la mise sous administration de Star Knitwear et quelque 1 800 emplois en jeu et une centaine de salariés licenciés chez Securiclean, le front commun syndical a pris l’initiative d’une mobilisation pour alerter l’opinion avant qu’il ne soit trop tard. Plus d’un millier de personnes, dont des victimes de licenciement, sont attendues pour témoigner de leur souffrance à la perte de leur emploi à la place de la gare routière à Rose-Hill, cet après-midi à partir de 14h.
« On dit que Securiclean a perdu des contrats. Or, il y a des employés avec plus de 20 ans de service. Ce n’est pas normal », s’insurge la secrétaire de la CTSP, Jane Ragoo « L’heure est venue de pouvoir dégager un plan d’action. Les trois syndicats unifient leurs forces pour arriver à faire pression et faire entendre notre voix. Le gouvernement de Lalyans Lepep a promis de faire de la création d’emplois une de ses priorités. Or, six mois après les élections générales, le constat est des plus accablants, avec de gros nuages s’amoncelant à l’horizon de l’emploi », ajoute-t-elle
« Les Mauriciens demandent à être sensibilisés autour du drame humain derrière tout licenciement. Il faut aussi que le gouvernement réagisse car il y a urgence à amender la loi, à introduire le Portable Severage Allowance Fund, et écouter ce que le peuple a à dire. C’est un gouvernement élu par le peuple et pour le peuple », martèle-t-elle.