En moins de 24 heures, 92 ressortissants du Bangladesh, venus à Maurice sous contrat pour le compte de la compagnie Real Garments, opérant à Pointe-aux-Sables, ont dû plier bagage. Officiellement, quinze d’entre ont été expulsés parce qu’ils étaient considérés comme des Ringleaders dans le mouvement de grève contre leur employeur. Les autres auraient pris la décision de rentrer au Bangladesh de leur propre gré n’étant nullement satisfaits des conditions de travail ou encore de la tournure des événements à l’usine en début de semaine. En marge de cette manifestation, le ministre du Travail et des Relations industrielles, Shakeel Mohamed, a annoncé la suspension de nouveaux permis de travail à des étrangers jusqu’au 15 octobre prochain.
Depuis le week-end dernier, le feu couvait sous les cendres pour les quelque 400 Bangladais employés par Real Garments. Ils n’étaient nullement satisfaits des salaires versés par leur employeur à la fin du mois d’août. Ils ont considéré les explications de l’employeur comme étant nullement convaincantes. Un autre objet de litige, notamment les conditions d’hébergement, dont l’état des dortoirs, est venu se greffer sur le mécontentement salarial.
Mardi matin, les quelque 400 ressortissants étrangers devaient descendre à pied à Port-Louis pour porter leurs doléances au ministère du Travail et des Relations industrielles. Mais au lieu d’une solution, la situation devait connaître une nette détérioration en fin de journée avec des affrontements entre Bangladais et des forces de l’ordre dépêchés sur les lieux pour maintenir l’ordre.
Les inspecteurs du ministère du Travail et des Relations industrielles ont contesté les allégations des Bangladais au sujet des dortoirs-poulaillers. Le ministère a également reproché aux employés étrangers de n’avoir pas respecté un accord signé avec le patronat il y a à peine un mois avec une révision salariale.
Suite aux incidents survenus mardi soir, la décision fut prise de résilier le Work Permit de quinze employés bangladais accusés d’être des fauteurs de troubles alors qu’une partie des travailleurs étrangers avait pris la décision de regagner les rangs et de reprendre le travail. Dès mercredi matin, les leaders furent placés en état d’arrestation avec un ordre d’expulsion du pays logé contre eux.
77 autres Bangladais devaient se retrouver sur les deux vols en partance dans la soirée de mercredi. Officiellement, ils ont décidé de leur propre gré de résilier leurs contrat de travail pour rentrer au Bangladesh. Ils ont eu une somme de Rs 2 000 chacun à cet effet. D’autres sources dénoncent les conditions dans lesquelles ils ont été renvoyés dans leur pays, soit à passer une journée dans deux autobus avant de pouvoir s’embarquer le soir.
Entre-temps, le ministre Mohamed a annoncé le gel dans l’octroi de permis de travail à des ressortissants étrangers. Cette mesure restera en vigueur jusqu’au 15 octobre. L’évolution du nombre de travailleurs étrangers à Maurice indique que de 2007 à 2012, le nombre de Bangladais a plus que doublé, passant de 6 670 à 14 825. Officiellement, la population de travailleurs étrangers recensés est de 34 509.