La Confédération syndicale de gauche-solidarité, un des sept représentants des salariés issus des confédérations syndicales existantes, ne prendra pas part demain après-midi à la deuxième rencontre du National Tripartite Forum sous la présidence du ministre du Travail. Cette décision a été entérinée hier par les principales têtes pensantes de la CSG-Solidarité au cours d’une réunion à Port-Louis. Les syndicalistes estiment que la priorité dans la conjoncture est la révision des lois du travail et non le NTF. À la veille de cet exercice à Victoria House, Shakeel Mohamed se veut rassurant et affirme que le monde du travail ne se résume non seulement aux amendements des lois mais aussi à bien d’autres aspects.
Comme nous l’avons rapporté dans notre édition d’hier, la ligne stratégique adoptée pour le National Tripartite Forum (NTF) était à l’agenda du comité exécutif de la CSG-Solidarité hier. L’une des plus importantes confédérations du pays, qui regroupe les travailleurs de l’industrie sucrière, du port, de transport et de l’industrie touristique, a débattu sa participation aux tripartites prévues demain après-midi.
Au bout de longs échanges, la décision devait être entérinée de boycotter la deuxième réunion NTF depuis son lancement en 2010 et la première fois en 2012, sous la présidence du ministre du Travail Shakeel Mohamed. Une des motivations qui ont poussé les syndicalistes vers cette prise de décision est le retard que prennent les amendements de l’Employment Rights Act (ERiA) et l’Employment Relations Act (EReA) votés en 2008 et proclamés en février 2009.
« Nous ne participerons pas aux tripartites tant que les amendements favorables aux lois du Travail ne seront pas circulés et votés […] Le gouvernement de Navin Ramgoolam doit assumer sa responsabilité et venir de l’avant avec les amendements aux lois du travail et ne pas céder à la pression de la Mauritius Employers Federation », explique le négociateur Ashok Subron. D’autant plus que « l’ERiA est défavorable à la classe ouvrière et occasionne des licenciements abusifs ».
Il nous revient à ce sujet que pas moins de 8 000 employés dans le secteur privé ont été licenciés depuis l’introduction de l’ERiA. La CSG-Solidarité est déjà en état de mobilisation avec une assemblée des délégués. La confédération soutient que des actions seront prises si les lois existantes ne seront pas amendées d’ici fin janvier.
Au cours d’une conversation téléphonique ce matin avec Le Mauricien,  Shakeel Mohamed a fait comprendre qu’« il ne faut pas se perdre dans un débat futile mais plutôt aller à l’essentiel qui pourrait amener beaucoup plus ». Et de rappeler que le NTF est dans l’intérêt de créer la culture de débats dans le respect du tripartisme. Le ministre du Travail a aussi expliqué que l’élaboration des amendements aux lois du travail est en bonne voie et que le High-Powered Committee institué s’est rencontré pour la première fois en 2012 hier. Justifiant le temps que prennent les travaux, le ministre a précisé qu’il y a des clauses à finaliser et qu’il est primordial de prendre en considération les propositions des « stakeholders » dans le souci d’un juste milieu.
« Les amendements devront être apportés pour ne pas affecter la création d’emplois et augmenter les pertes d’emplois », a déclaré le ministre du Travail, qui n’a donné aucune indication quant à la présentation de l’Amended Draft Bill. « Certains font fausse route… Le monde du travail ne se résume pas simplement aux amendements des lois. Il y a bien d’autres aspects […] Ceux qui participeront aux tripartites pourront faire entendre leur voix. L’histoire se souviendra de ceux qui auront participé dans les débats d’une façon constructive… » a conclu Shakeel Mohamed.
Il nous revient par ailleurs que demain après-midi les syndicalistes auront la possibilité d’apporter leurs propositions pour l’agenda des six sous-comités du NTF.