Un sentiment de colère et de frustration gagne les rangs des sapeurs-pompiers de Rodrigues, depuis quelque temps déjà, avec comme principale dissension des conditions de travail décrites comme exécrables. Les indications en provenance de Rodrigues sont que cette grogne s’est accentuée en fin de semaine avec un go-slow des soldats du feu. Dans la conjoncture, des correspondances ont été expédiées à l’Ombudsperson et au ministre du Travail, Shakeel Mohamed, pour des actions correctives.
Les sources approchées tendent à confirmer que ce go-slow entrepris par les sapeurs-pompiers de Rodrigues, en fin de semaine, n’ont nullement affecté les interventions d’incendie et de sauvetage sur le terrain. C’est plutôt les tâches quotidiennes dans la caserne qui ont été ciblées. Toutefois, bien avant de mettre cette action industrielle à exécution, les soldats du feu de Rodrigues avaient déjà averti le commissaire des services d’incendies que les conditions de travail prévalant les empêchent de mener leurs missions sur le terrain correctement.
En premier lieu, les pompiers déplorent le manque cruel d’appareils respiratoires, avec seulement sept appareils de ce genre à leur disposition. Les pompiers dénoncent qu’aucune disposition n’ait été prise pour que le département dispose d’un Breathing Apparatus Compressor, les appareils devant être rechargés à l’hôtel Cotton Bay après chaque utilisation. “The importance of a B.A compressor will enable us, in case of another emergency occurrind immediately, to refill our apparatus as per state preparedness procedure especially at night”, écrivent-ils dans la lettre en date du 24 avril.
L’autre préoccupation demeure l’utilisation des véhicules avec des problèmes mécaniques pour mener des interventions d’incendie et de sauvetage sur le terrain. Dans la flotte allouée aux pompiers de Rodrigues, deux véhicules, soit ceux portant les plaques minéralogiques GMR 469 et GMR 420, sont “already writtent off “ depuis un bon moment. “ All our attemps at station level for replacement of these vehicules have failed consequently. We are complied to use vehicles with mechanic problems and this slows down our responses to emergencies and puts our personal safety at risk “, poursuivent-ils tout en précisant que les véhicules concernés sont un  “double cab” immatriculé GMR 568 et un “foam tender “ portant la plaque minéralogique GMR 526.
D’autres faits tout aussi troublants : environ 30 sapeurs-pompiers n’ont toujours pas obtenu leur Personal Protective Equipment (PPE), tandis que les autres utilisent toujours leurs anciennes combinaisons usées. Toujours en ce qu’il s’agit des conditions de sécurité et sanitaires, d’autres allégations sont formulées à l’effet de la présence de punaises dans les matelas de la caserne de pompiers de Rodrigues depuis bientôt trois ans et qu’aucune mesure n’ait été prise par les autorités. “As a result we have moved all the beds and mattresses infected and we are facing difficulties during lying hours and this affect enormously our ability to be fully fit to response to emergencies”, dénoncent les soldats du feu. D’autres problèmes comme le manque récurrent de personnel viennent s’ajouter à cette longue liste de griefs.
Ashraf Buxoo, président de la Government Services Employers’Association Fire Fighters Cadre à Maurice, est monté au créneau en réclamant l’intervention du bureau du Premier ministre dans cette affaire. Dans une déclaration à Week-End, le président du syndicat avance que “c’est impossible que des pompiers travaillent dans de telles conditions. Cette situation, qui est alarmante, doit définitivement changer. Nous réclamons également qu’un Health and Safety Officer se rende à Rodrigues pour faire un état des lieux de la situation.”