La 50th Annual General Meeting de la Mauritius Employers Federation mercredi à Ébène s’est transformée en véritable plateforme politique avec le ministre du Travail critiquant ouvertement le leader de l’opposition Paul Bérenger et le président de la République sir Anerood Jugnauth au sujet des pertes d’emplois de 2000 à 2005 sous le régime MMM-MSM au pouvoir. Selon les données communiquées par Shakeel Mohamed, le tandem au pouvoir durant cette période « finn kass rekor lor pert danploi ki sa pei-la finn kone depi nou lindependans ».
Chiffres à l’appui, le ministre du Travail a fait un flash-back pour égratigner au passage l’alliance MMM-MSM lors de son allocution à la 50th Annual General Meeting du patronat. Dans une déclaration aux membres de la presse à l’issue de la cérémonie protocolaire et faisant allusion aux crises économiques et problèmes financiers, principalement dans les pays de la zone euro, Shakeel Mohamed a brossé un tableau positif de la situation à Maurice et acculé le régime au pouvoir sous la période 2000-2005.
« Nous n’avons pas de perte d’emplois. Le pays n’est pas en récession. Au contraire, Maurice progresse sur le plan économique. Nous nous retrouvons dans une telle situation, le gouvernement ayant pris de bonnes décisions et de bonnes initiatives pour éviter la déroute au pays. […] Nous devons dresser un parallèle : entre 2000 et 2005, il n’y avait pas de crise économique mais 57 574 Mauriciens ont perdu leur emploi… » a lancé le ministre du Travail. Et de souligner : « Ce sont 57 574 familles détruites. Ces travailleurs n’ont pas bénéficié d’un sou de compensation à l’époque où Anerood Jugnauth était Premier ministre et Paul Bérenger ministre des Finances. Zot finn kass rekor lor pert danploi ki sa pei-la finn kone depi nou lindepandans. Dimoun pe koz remake ; mo sir ki dimounn pa ti a contant gagn enn remake pert danploi de 57 574 ».
Shakeel Mohamed a toutefois concédé que Paul Bérenger avait fourni un meilleur bilan concernant l’emploi contrairement à sir Anerood Jugnauth. Le ministre du Travail a fait comprendre que sous le Primeministership de SAJ, le pays avait connu une cascade de pertes d’emplois. Il a exprimé son souhait que l’opposition donne des explications concernant les chiffres liés à la perte d’emplois sous cette période alors qu’il n’y avait aucune crise. « Kot zot ti ete lerla. Zot ti en vakans pendan ki zot ti bizin pe travay. »
Dans un autre contexte lors du programme protocolaire, Clensy Appavoo, président de la MEF, a clairement fait part de la position du patronat concernant les deux lois du travail de 2008 : l’Employment Relations Act et l’Employment Rights Act. La MEF considère qu’il est prématuré de faire des « piecemeal amendments » à des législations qui ont servi le pays pendant les crises économique et financière.
« It is striking to note that in a number of economies, where major labour market reforms have been implemented well before the crisis, unemployment has been contained to pre-crisis level. Had it not been for the flexibility of these legislations, our overall economic performance would have been compromised. Any amendments should not question the basic philosophy of the original legislations and should be compatible with the general policy of the Government. They should reinforce the business-friendly environment so that employers are able to invest and create jobs. Policies that promote job creation, better job opportunities and well-functioning social safety nets are crucial for tackling the threat of unemployment », a expliqué Clensy Appavoo.
Le patronat explique toutefois ne pas être contre la révision des lois du travail mais à condition que le processus de la réforme épouse la même philosophie incarnée dans celle de 2008. Selon la MEF, les amendements de 2008 visaient à fournir une flexibilité, l’incitation à la productivité et l’investissement et la création d’emplois.
Clensy Appavoo est reconduit à la présidence de la MEF après la 50th Annual General Meeting pour une année de plus tout comme Vincent d’Arifat au poste de vice-président.