À la veille de l’adoption par l’Assemblée nationale des amendements à l’Employment Relations Act et à l’Employment Rights Act, le ministre du Travail et des Relations industrielles, Shakeel Mohamed, est pris dans une véritable tourmente syndicale. La General Workers Federation et le Joint Negotiating Panel de l’industrie sucrière sont montés en première ligne pour dénoncer la teneur des amendements aux deux lois cadres du travail avec des répercussions négatives sur le droit de grève prévu dans la loi votée par l’Assemblée nationale en 2008. Dans cette perspective, la GWF et le JNP font un appel au Premier ministre, Navin Ramgoolam, pour un rappel à l’ordre au ministre du Travail et un retrait des amendements à l’ordre du jour de la séance parlementaire de mardi prochain.
« The combined dynamics of the series of proposed amendments to the Employment Relations (Amendment) Bill by Shakeel Mohamed, will seriously undermine the position of the working people of Mauritius when negotiating with economically powerful employers. These amendments will create the conditions for employers to easily force the relinquishment of acquired rights and existing condition of employment on workers. As it stands, the amendments are quasi removing the limited right to strike that was enacted in 2008 in the Employment Relations Act », soutient avec force Ashok Subron, un des animateurs de la GWF et du Joint Negotiating Panel de l’industrie sucrière dans une première analyse des amendements envisagés.
« Nous constatons avec colère que les amendements restrictifs axés sur le droit de grève sont similaires à la position qu’avait adoptée le patronat de l’industrie sucrière lors du récent conflit industriel dans ce secteur économique. These amendments represent a form of vindication of the MSPA/MEF for the defeat they suffered in the hands of labourers and artisans lately », ajoute l’animateur de la GWF, qui s’appesantit sur le fait que le Premier ministre, qui s’était prononcé en faveur des syndicats, ne peut venir « cautionner la nouvelle démarche rétrograde du ministre du Travail et des Relations industrielles en proposant des restrictions au droit de grève ».
La GWF et le JNP s’élèvent également contre d’autres amendements à l’Employment Relations Act avec de graves préjudices aux intérêts des salariés. L’une des dispositions des amendements à l’Assemblée nationale, mardi, permet aux salariés non-syndiqués de négocier et de signer des Collective Agreements avec le patronat.
« The other major component of the amendments of the Employment Relations Act, that is enabling non-unionised individual workers to negotiate and sign binding collective agreements to all workers of an enterprise or industry, is jeopardizing the very right of workers, won in 1938, to defend their interest through unions. This amendment is objectively pushing vulnerable workers into unbalanced negotiations. Thus, opening the door for massive downgrading of work conditions in Mauritius. This specific amendment is the product of the intense lobby of the MSPA/MEF to create mechanism to de-regulate work conditions in Mauritius », condamne la GWF en attendant de mobiliser les autres forces syndicales contre le projet du ministre Mohamed.