Le statu quo est de mise en ce qui concerne les menaces de grève, dans l’industrie sucrière comme dans le transport en commun. Le Joint Negotiating Panel syndical dans l’industrie cannière a en effet boudé une convocation hier pour rencontrer le ministre du Travail et des Relations industrielles Shakeel Mohamed en vue de dégager des pistes pour désamorcer le deadlock avec la Mauritius Sugar Producers’ Association (MSPA) sur la question de révision salariale et des conditions de services des laboureurs et des artisans. Concernant le transport en commun, l’Union of Bus Industry Workers (UBIW) a écrit officiellement à la mi-journée au Premier ministre, Navin Ramgoolam, afin de soumettre deux contre-propositions salariales pour une sortie de crise à la satisfaction des parties concernées. De leur côté, Navin Ramgoolam et Paul Bérenger continuent de faire appel au bon sens des syndicalistes afin d’éviter un débrayage en pleine campagne électorale, soit littéralement à la veille du Nomination Day.
Dans la lettre officielle au ministre Mohamed pour justifier le refus de participer à la réunion convoquée hier, les dirigeants du Joint Negotiating Panel soulignent que le mot d’ordre et le préavis de grève à partir du 12 novembre ont été décidés après que le litige sur les salaires et les conditions de service n’a pu être résolu par la Commission de Conciliation et de Médiation (CCM), que les syndicats concernés aient exercé leurs droits sous la section 69 (5) de l’Employment Relations Act et qu’un vote ait été pris sous la supervision du ministère du Travail.
Les syndicalistes de l’industrie cannière regrettent l’attitude de la MSPA qui, pourtant en présence de ce préavis de grève, n’a pas exprimé le souhait de vouloir participer à une conciliation. Ils citent des extraits d’un press release de la MSPA faisant état de son recours de saisir l’Employment Relations Tribunal en vue de résoudre ce deadlock.
Le JNP avance trois conditions pour participer à un nouveau round de médiations sous la section 79 (A) de l’ERT pour arriver à une solution et, ainsi, éviter la grève. « We also wish to draw the attention of the Minister that any conciliation service provided by the Minister can only be envisaged if officially the other party, the MSPA respect the right of the JNP to decline to refer the Labour Dispute for voluntary arbitration and to have recourse to strike action in furtherance of the Labour Dispute, no more insist on “aller vers l’Employment Relations Tribunal pour résoudre ce deadlock” and officially request the Minister to provide a conciliation service with a view to conciliating the parties to the present Labour Dispute, under the new section 79 A of the Employment Relations Act », proposent les syndicalistes.
Dans le domaine du transport en commun, l’UBIW a proposé deux mesures pour désamorcer la crise, des menaces d’actions industrielles étant attendues début décembre. Dans la correspondance, Imzad Beeharry, président de l’UBIW, Amain Kistnen, secrétaire, et le négociateur Ashok Subron affirment vouloir faire « preuve de bonne foi » dans la conjoncture actuelle avec cette nouvelle démarche. La première contre-proposition porte sur les increments annuels aux employés du transport en commun, et ce comme suit :

La deuxième porte sur l’introduction du salaire minimal, comme préconisé par le National Remuneration Board (NRB) à partir du 1er août 2015. Auparavant, les syndicalistes avaient fait état de leur mécontentement à l’effet que les décisions entérinées lors de la réunion du conseil des ministres du 17 octobre ne reflétaient nullement l’esprit et la teneur des discussions avec le Premier ministre. « We are quite shocked to learn that on fundamental issues, such as the implementation of the Annual Increment of Rs 175, the Cabinet decision does not reflect the mutual understanding during the meeting. In addition, most the issues mentioned in the Cabinet decision are merely re-alignment to already existing rights under the Employment Rights Act », font-ils comprendre au nom des 8 000 employés du transport en commun concernés par ce litige.
En conclusion, Imzad Beeharry, Alain Kistnen et Ashok Subron soulignent : « We are sure that as a man of honour, you will call the agreed meeting in the coming days and you will also take note of our good faith. The people of this country, specially the bus passengers, will now be the judge in case of you do not convene the meeting and find a settlement after the major concessions made the UBIW. Should there be an industrial crisis, then entire responsibility will rest on you. »