A la fin de la journée d’hier, les données indiquent que l’industrie sucrière s’achemine vers une grève légale et illimitée des artisans à partir de mercredi avec les laboureurs se joignant au mouvement à partir du 17. Les dernières tentatives engagées par le ministre du Travail et des Relations industrielles, Shakeel Mohamed, pour désamorcer la menace de grève dans le sucre à cette étape cruciale de la campagne électorale, ont buté sur une résistance de la part du patronat sucrier. Le constat devra être confirmé ce matin avec la politique de la chaise vide adoptée par la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) pour la première réunion de médiation convoquée au siège du ministère du Travail.
Comme indiqué dans l’édition d’hier du Mauricien, le patronat de l’industrie sucrière a apposé une fin de non-recevoir à toute tentative de médiation en vue de régler le litige sur les salaires et les conditions d’emploi sous la menace de la grève décrétée par le Joint Negotiating Panel syndical que ce soit pour les laboureurs ou encore les artisans. La lettre officielle de la MSPA, dont le ministre a pris connaissance à la sortie du conseil des ministres d’hier, constitue un retour à la case départ.
Des recoupements d’informations confirment que dans l’après-midi d’hier, le ministre Mohamed a eu des échanges avec un représentant de l’industrie sucrière pour situer l’enjeu de la réunion tripartite annoncée pour ce matin. Il n’a pas pour autant manqué de souligner que « la MSPA fait preuve de mauvaise foi dans la conjoncture ». « J’ai fait comprendre à M. d’Unienville que la position de l’industrie sucrière exigeant le retrait de l’ordre de grève pour venir à la table de médiation représente une attaque frontale au droit fondamental et acquis de façon légale des travailleurs », a-t-il déclaré.
« J’ai également souligné que si la MSPA décide de pratiquer la politique de la chaise vide à la réunion de ce samedi, je n’aurai d’autre choix que de dire aux travailleurs de faire la grève. Avec la réunion de ce matin, j’ai voulu donner une chance à la médiation. Les travailleurs ont compris cette démarche. Ce que nous disons à l’industrie sucrière est de venir discuter des options pour une sortie de crise. Nous ne leur imposons quoi que ce soit. La MSPA ne peut refuser jusqu’à ce point. Il y a eu un litige ; il y a eu des négociations. Il y a eu un deadlock. Les travailleurs ont suivi toutes les procédures prévues dans la loi pour une grève. On ne peut venir leur dire de tout abandonner maintenant. C’est un manque d’égard et de respect total vis-à-vis des travailleurs et je ne crois pas que je peux en être partie prenante », a fait ressortir le ministre du Travail au Mauricien en fin de journée d’hier.
Le ministre, qui sera à son bureau à la Victoria House ce matin pour accueillir les parties concernées à la table de médiation, prévoit de faire un commentaire en cas d’absence préméditée des représentants de la MSPA.