Comme il fallait s’y attendre, la cellule de crise, instituée sous la présidence du Directorate of Shipping, a mis un terme à l’épisode du MV Benita. Ce cargo, construit en 1988, est destiné à la casse et met le cap sur le port d’Alang, au Gujerat en Inde, réputé pour être l’un des plus importants cimetières de navires au monde. Cette décision a été entérinée sur la base d’un rapport soumis conjointement par les spécialistes de Five Ocean Salvage Ltd et des assureurs de London P & I aux membres de cette instance, qui s’est réunie quotidiennement depuis le naufrage du 17 juin dernier pour suivre l’évolution des opérations de renflouage en cours. Dans un autre ordre d’idées, le CGS Barracuda, qui vient de rentrer à Port-Louis après des travaux de maintenance élaborés en Inde, est entré en cale sèche pour un mois suite à des problèmes survenus au réservoir de ballast.
La décision a été prise : le MV Benita, qui a été drossé sur les récifs de Le Bouchon, au large de Mahébourg, durant cinq semaines, sera cannibalisé dans l’un des plus importants cimetières de navires en Inde. Remorqué par le seul Ionian Sea Fos, ce cargo, battant pavillon libérien, fait route depuis hier pour le port d’Alang. De son côté, l’autre remorqueur, le Coral Sea Fos, est rentré à Port-Louis pour se ravitailler avant de retourner à sa base d’opération au Moyen-Orient.
Par mesure de sécurité durant le trajet jusqu’au cimetière du port d’Alang, le MV Benita est transformé en un navire-fantôme, avec personne à bord. En effet, le Skeleton Crew de cinq Salvors de Five Ocean Salvage, qui avaient été affectés sur le MV Benita au départ de Le Bouchon, après le renflouage de la mi-journée de samedi, ont dû évacuer  le bateau hier. Ils poursuivent le voyage jusqu’en Inde à bord du Ionian Sea Fos.
À ce matin, aucune date n’a été avancée quant à la fin de cet ultime voyage du MV Benita, qui sera démantelé vu que les assureurs de Londres ont maintenu leur constat initial de Constructive Total Loss and Beyond Repair. « Ce remorquage se fait lentement et il n’a pas été possible d’établir la durée de cette traversée de l’océan Indien », fait-on comprendre dans les milieux autorisés. Le cargo sera destiné à la vieille ferraille principalement vu que la salle des machines est complètement inondée depuis le 17 juin dernier et que les équipements pourraient être difficilement récupérables.
Toujours en ce qui concerne le monde maritime, le CGS Barracuda, unité qui est présentée comme étant le joyau de la National Coast Guard, est en mauvaise posture. Lors d’une de ses premières sorties après d’importants travaux d’entretien en Inde, cette unité a eu des problèmes avec le réservoir de ballast. En dépit de cela, le CGS Barracuda a pu rentrer à Maurice de Rodrigues avant d’être mis en cale sèche pour une inspection générale et des réparations nécessaires.
Des spécialistes du constructeur indien sont déjà sur place pour le suivi de ces travaux, qui devront durer au moins un mois. De ce fait, tout le programme de surveillance de la zone maritime exclusive et des eaux territoriales de Maurice par la National Coast Guard est remis en question.
Entre-temps, depuis ce matin, des consultants de l’Organisation Maritime Internationale, en l’occurrence Henrik Madsen, Brian Cranmer, Andrew Mallia, et Andrew Clarke, animent un exercice de simulation (Table Top Exercise). Cette initiative est en ligne avec le Code de conduite de Djibouti? concernant la répression des actes de piraterie et des vols à main armée à l’encontre des navires dans l’océan Indien occidental et le golfe d’Aden.
Cette initiative conjointe du ministère de l’Économie océanique, des Ressources marines, de la Pêche, des Services maritimes et des Îles et l’Organisation maritime internationale (OMI), réunira une quarantaine de représentants de divers ministères et départements concernés. Participeront à l’exercice des représentants du Bureau du Premier ministre, du ministère de l’Économie océanique, des Ressources marines, de la Pêche, des Services maritimes et des Îles ; du ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie, du ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Gestion des Désastres et des Plages, du Passport and Immigration Office ; de la Mauritius Revenue Authority, de la Mauritius Ports Authority, de la National Coast Guard, de la police, de la Special Mobile Force et des Services météorologiques, entre autres.
Un communiqué émis par le ministère de l’Information souligne que l’objectif consiste à stimuler des discussions et démontrer la nécessité de coopération parmi les départements et agences gouvernementaux lors d’un incident, tout en utilisant des scénarios pour déterminer les rôles, responsabilités, processus et procédures respectifs. La difficulté des scénarios varie et implique des défis simples ainsi que des situations complexes. Cela a pour objectif d’améliorer l’aptitude des hauts officiels agissant en qualité de comité national de sûreté maritime à prendre des décisions collectives.