Employée depuis plusieurs années en tant que Traffic Officer à la Mauritius Broadcasting Corporation, Rehana Ameer est licenciée de son poste le 2 décembre 2010 après avoir fait l’objet d’une suspension en août. Lâchée par ses employeurs, qui lui reprochaient d’avoir fait circuler un tract diffamatoire à l’égard de certains hauts cadres de la station nationale, elle décide d’aller jusqu’au bout de son combat pour retrouver sa dignité. Dignité, qui selon elle, a été bafouée en raison de ses activités syndicales. Et il aura fallu un an pour que justice lui soit rendue : elle a été réintégrée à son poste le lundi 12 décembre. Durant cette année, les événements qui se sont succédé dans l’affaire Ameer ont interpellé plus d’un sur le monde de l’emploi à Maurice.
Ce n’est pas la première fois que les syndicats dénoncent la violation des droits des travailleurs, la répression, le déni des droits sociaux et les licenciements arbitraires dans le secteur privé, comme dans les administrations et le secteur public, et le refus du pouvoir de reconnaître les syndicats échappant à son contrôle. Dans le cas de Rehana Ameer, elle n’a, depuis le début, cessé de clamer son innocence et affirmer qu’elle a été victime d’injustice en tant que syndicaliste.
Août 2010, Rehana Ameer est suspendu de son poste. Le 2 décembre de la même année, la syndicaliste reçoit un courrier de la MBC lui annonçant que le Conseil d’administration a décidé de la licencier, sans plus d’explications. La Traffic Officer apprendra par la suite que la direction de la MBC lui reproche d’avoir fait circuler une lettre qui serait diffamatoire à l’égard de certains cadres de la station nationale. Rencontrant un blocage dans sa lutte pour faire valoir ses droits en tant que syndicaliste et pour protester contre son licenciement, Rehana Ameer décide d’observer une grève de la faim. Elle obtient  le soutien de plusieurs syndicalistes, qui voient en son combat non seulement une lutte personnelle mais aussi une bataille pour la liberté et la dignité de la classe syndicale. Un vaste mouvement de solidarité syndicale prend forme au fil des mois et des syndicalistes, entre autres Jack Bizlall, Deepak Benydin, Jane Ragoo et Reeaz Chuttoo se réuniront pour former le Front Anti-Répression (FAR) et apporter leur soutien à cette cause.
Le ministre du Travail Shakeel Mohamed interviendra également à un moment dans cette affaire pour faire pression sur le directeur de la MBC afin qu’il revienne sur sa décision. Mais Dan Callikan campera sur sa position. Pour lui, le licenciement de Rehana Ameer était tout à fait justifié. À la demande du ministre Mohamed, le Prof Torul a rédigé un rapport sur cette affaire, mais il est resté dans un tiroir au bureau du ministre du Travail.