La Confédération des Travailleurs du Secteur Public et Privé (CTSP) se prépare à accueillir des jeunes leaders syndicaux pour éventuellement remplacer les « icônes » comme Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo au sein de l’organisation syndicale. Un atelier de travail a été organisé le 20 et 21 septembre au siège de la CTSP, en collaboration avec IndustriAll, pour former  des aspirants leaders syndicaux. Le but : assurer la survie des organisations syndicales.

IndustriAll est une organisation syndicale présente dans 144 pays et comprend quelque 50 millions membres. Plusieurs secteurs sont représentés sous cette organisation, dont les secteurs de l’énergie et du textile. IndustriAll, en collaboration avec la CTSP, a organisé un atelier de travail, le 20 et 21 septembre 2018, visant à préparer des jeunes syndicalistes à devenir des leaders syndicaux de demain. « L’objectif de cet atelier de travail vise à montrer la voie aux jeunes. À Maurice, comme dans d’autres pays africains, nous avons pendant longtemps témoigné de ce qu’on appelle le culte de la personnalité. C’est-à-dire, quand un leader part à la retraite ou est battu lors des élections, son organisation syndicale ferme ses portes. Une telle situation se produit parce que les membres intègrent le syndicat pour soutenir le leader et non l’organisation », explique le président de la CTSP.

De ce fait, à travers une formation, la CTSP veut passer le flambeau à des jeunes, en espérant qu’ils prendront la relève à tous les niveaux, notamment les affiliés, les fédérations, entre autres. L’atelier de travail au siège de la CTSP a accueilli une cinquantaine de jeunes qui représentent une organisation syndicale dans divers secteurs professionnels, notamment la santé, l’aviation, la construction, entre autres. « Nous voulons, à travers cet atelier de travail, montrer aux jeunes que le syndicat n’équivaut pas seulement à la guerre, aux  bottes, aux gants et à l’augmentation salariale, entre autres. Le syndicat doit représenter la classe des travailleurs à tous les niveaux, que ce soit au sein d’une entreprise, sur le plan national ou international ainsi qu’au niveau politique », devait-il faire ressortir.

Pour sa part, Jane Ragoo soutient que des jeunes se sont portés volontaires pour participer à la grève de la faim pour que des femmes cleaners aient un salaire décent. « Certains jeunes sont restés à nos côtés jusqu’à la fin de la grève. Il y a eu d’autres qui se sont laissés emporter par la frayeur et ont abandonné la grève après quelques jours », dit-elle. Et d’ajouter qu’il faut préparer des jeunes pour venir remplacer Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo.

Tendai Makanza, Industrial Regional Officer au bureau régional en Afrique, a souligné l’importance de fournir le soutien nécessaire aux jeunes afin qu’ils deviennent des activistes et syndicalistes. « Nous croyons fermement qu’ils peuvent apporter des changements sur le plan social. Donc, c’est important de les aider à accumuler leurs capacités et créer ces espaces pour eux », dit-elle.