Le procès intenté par l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) à Cindy Legallant a été appelé ce matin en Cour intermédiaire. Son homme de loi, Me Ortoo, avait logé une demande, objectée par la poursuite, pour que les dépositions de sa cliente soient modifiées. L’homme de loi de la défense estime que ces dépositions contiennent certains « incriminating words » qui pourraient lui être défavorables lors du procès. La magistrate Razia Jannoo-Jaunbocus a, dans un « ruling » rendu ce matin, rejeté la demande indiquant que la production des dépositions de l’accusée ne va en aucune façon lui porter préjudice. Le procès reprend le 15 février prochain.
Après les maintes absences de l’accusée en Cour, les débats autour de cette motion ont finalement été entendus le mois dernier. Me Ortoo avait maintenu dans sa plaidoirie que des modifications doivent être apportées aux dépositions de l’accusée pour éviter que ces propos « poison the mind of the magistrate ». Par ailleurs, Me Ortoo a objecté à ce que l’ICAC produise les antécédents de sa cliente pour une affaire de drogue dans ce procès qui lui est intenté pour blanchiment d’argent. Son avocat avait aussi introduit une requête pour que des documents au sujet des chefs d’accusation lui soient communiqués. Cindy Legallant a plaidé non coupable des cinq accusations de blanchiment d’argent retenues contre elle. La magistrate a fait ressortir dans son « ruling » que l’intention de la poursuite est uniquement de prouver que les biens de Cindy Legallant avaient été acquis par des moyens illégaux. Razia Jannoo-Jaunbocus a cependant soutenu qu’elle n’avait pas encore pris connaissance du contenu des dépositions et que si à un stade du procès elle estime qu’une certaine partie de ce document ne doit pas être produite, la poursuite, représentée par Me Atish Roopchund, pourra alors procéder par editing.
Pour rappel, la nutritionniste a été arrêtée à l’aéroport alors qu’elle revenait de Paris. En décembre 2009, elle a été condamnée à 44 mois de prison pour avoir fait entrer une cargaison de Subutex dans le pays. Par la suite, l’ICAC s’est intéressé à ses comptes bancaires. Le 28 octobre 2013, la commission anticorruption l’a arrêtée pour des délits de « money laundering », alors qu’elle avait été remise en liberté sous caution après sa comparution devant le tribunal de troisième instance de Port-Louis. L’ICAC lui reproche d’avoir enfreint des dispositions de la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act avec des transactions financières liées au trafic de Subutex.