Par crainte de la montée des eaux, phénomène qui arrive très souvent à Rivière-des-Galets, les 77 familles habitant d’anciennes cités ouvrières souhaitent être relogées ailleurs afin de pouvoir vivre dans la tranquillité. « Lamer pa fin fer pou bare sa. Nou pa pou kapav ar li, plito nou ale depi la », lance Nicolas Mangue, qui vit dans l’endroit avec sa famille depuis sa naissance, soit depuis 34 ans. « Autrefois, la mer était très calme ici. Il y avait une belle plage et des arbres. Tout a commencé à disparaître avec la montée des eaux depuis le début des années 90’. Maintenant, elle s’attaque à nos cours et à nos maisons », lâche-t-il.
Reshmi, femme au foyer, indique, elle, que lorsque la mer monte, l’eau inonde toutes les cours, malgré les murs en béton et autres gabions installés pour l’en empêcher. La hauteur entre le niveau normal de la mer en cet endroit et la terre ferme, où sont construites les maisons, est d’environ trois mètres, mais les vagues passent quand même les barrages. Ce qui, selon les habitants, arrive très souvent. « Nous n’avons alors pas d’autre choix que de quitter nos maisons et nous rendre au centre communautaire de Chamouny pour y trouver refuge », raconte-t-elle. Reshmi, qui vit dans la région depuis 18 ans, dit craindre pour sa famille et se dit d’accord « pou tire nou depi la ». Sa voisine de 65 ans, Marie Willen, qui est handicapée et reste seule à la maison, craint qu’un jour l’eau de la mer n’entre dans sa maison.
Un peu plus loin vivent les Mangues, dont Nicolas, né il y a 34 ans dans l’endroit. « À l’époque, tout était calme ici. Mais tout a changé maintenant. Lamer pe pran disab e mem ban ros pe ale. Vag pe vin pli for e pe manz later. Pli ale li pe pli koste avek lakaz », souligne-t-il. La seule solution pour lui est de quitter l’endroit pour se reloger « un peu plus à l’intérieur » dans le pays, « mais toujours près de la mer, car les gens d’ici sont pratiquement tous des pêcheurs ».  
Pottaya Kuppan, président du conseil de village de Chemin-Grenier, qui a juridiction sur Rivière-des-Galets, estime que le relogement de ces habitants est la seule solution au problème. « Il nous faut éloigner ces habitants et définir l’endroit comme étant zone interdite », dit-il avant de rappeller que les autorités en parlent depuis deux ans, mais qu’aucune suite n’a été donnée à cette démarche. Il croit savoir qu’un terrain a déjà été trouvé où les habitants pourraient être relogés. « On n’entend rien à ce sujet depuis un bon bout de temps », ajoute-t-il.
Un peu plus loin, le cimetière de la localité est dévasté, malgré la construction d’un mur de soutènement. Une partie des tombes, selon lui, a été transférée ailleurs. D’autres sont méconnaissables à cause de la mer qui y pénètre, emmenant avec elle le sable lorsqu’elle se retire. Mais les habitants continuent d’enterrer leurs morts dans ce cimetière. Une centaine de mètres plus loin, il y a l’ancienne route de St-Félix, qui a été littéralement dévastée par les vagues malgré un mur en béton. La route s’est effondrée en plusieurs endroits et constitue un réel danger pour les pique-niqueurs ainsi que pour nombre de gens pratiquant leur jogging dans le coin. Fort heureusement, les véhicules y sont interdits.