Le Comité sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (le CERD) tiendra sa 82e session du 11 février au 1er mars 2013 à Genève. Cette fois-ci c’est au tour de la République de Maurice de présenter son rapport.
Le Comité est parfaitement conscient que les gouvernements risquent d’habiller leurs réponses. C’est pourquoi il demande aux ONG internationales, régionales, nationales ou locales leurs analyses et suggestions. Les extraits du Rapport Justice et Vérité sont remontés jusqu’au Comité par le biais d’une ONG internationale. L’année dernière, le Comité avait tenu une rencontre thématique sur la Discrimination Raciale Contre Les Peuples D’origine Africaine. Cela a abouti à l’institution de la Décennie mondiale des Peuples d’Origine africaine 2013-2023.
L’ONU ne parle pas de racisme mais de discrimination raciale. Il s’agit de “any distinction, exclusion, restriction or preference based on race, colour, descent, or national or ethnic origin that has the purpose or effect of nullifying or impairing the recognition, enjoyment or exercise, on an equal footing, of human rights and fundamental freedoms in the political, economic, social, cultural or any other field of public life.”
Le gouvernement mauricien doit répondre à ces quatre points ; je cite une demande officielle :
– Situation of the Creole ;
– Recognition and affirmation of the Creole identity ;
– Representation in elected and appointed public bodies, availability of instruments of dialogue ;
– Enjoyment of economic, social and cultural rights by the Creole.
C’est clair et net. Cela enterre le “nou tou kreol” des festivals du même nom. La communauté internationale se pose des questions sur la discrimination raciale qui affecte un des peuples qui font partie de notre nation. Comment se fait-il que cette discrimination raciale sévit toujours en 2013 ? Pour la simple raison que la lutte pour son élimination doit être ancrée dans la lutte pour les Droits humains, droits indivisibles qui s’interpénètrent. Elle doit être directe, systématique et sur tous les plans. Le point de départ de cette lutte est la souffrance des victimes.