Un moyen pour subvenir aux besoins de familles en diffi culté

Le Mouvement autosuffisance alimentaire (MAA), avec l’aide financière de la Hong Kong and Shanghai Banking Corporation (HSBC), a l’ambition de transformer une partie du village du Morne en une ferme intégrée. Et ce, avec la participation d’une vingtaine de familles de la localité pour qu’elles puissent subvenir à leurs besoins. Pour y arriver, le MMA dont le président est Éric Mangar a offert une vingtaine de pondeuses, des batteries, de la nourriture et des produits vitaminés à des familles. Ce don, qui s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, a été rendu possible grâce au soutien du Water and Agricultural Project, de la Central Water Authority et du Lions Club de Quatre-Bornes.

La HSBC soutient financièrement l’achat de pondeuses tandis que le MAA assure toute la logistique et la formation. Un camion du MAA fait la livraison de la nourriture pour pondeuses deux fois par semaine.

Dans le passé, ce même type de projet de pondeuses a été réalisé dans ce village. Et lors des séances de formation qui ont eu lieu tout récemment, ceux ayant déjà eu une expérience dans le domaine sont venus la partager avec les nouveaux bénéficiaires. « Nous voulons leur donner la chance de faire leurs premières armes pour qu’au fur et à mesure, ils diversifient leur production et disposent de suffisamment de moyens et de ressources pour devenir de plus en plus indépendants », a expliqué Éric Mangar.

Des habitants qui sont intéressés à se lancer dans l’agriculture ont bénéficié également d’une formation du MAA ainsi que le personnel de la HSBC qui aidera à faire aboutir ce projet.

En ce qui concerne les familles impliquées dans le projet, le MMA entend les aider à produire des aliments de qualité en utilisant des moyens naturels. « Nou anvi ki zot aprann a fer enn agrikiltir dirab pou ki zot pran labitid konsom produi de kalite. Parallèllement, nous allons mettre en place un système de comptabilité et les aider à développer une bonne stratégie de marketing pour qu’ils puissent écouler eux-mêmes leurs produits sur le marché.

En attendant, le marché reste fermé. Zot van dizef avek voisin », dira Éric Mangar.

La commercialisation des œufs, selon ce dernier, leur permettra de renouveler leur matériel pour pérenniser leurs activités. « Étant donné que certaines familles ne viennent pas d’une famille d’agriculteurs, nous allons mettre l’accent sur la formation et la mise en place d’un circuit de distribution pour assurer les activités », rassure le président du MMA.

Marie-Josée Edouard, mère de sept enfants, avait reçu des pondeuses dans le passé. Elle compte mettre à profit les compétences qu’elle a acquises dans ce domaine pour aider ses voisins à mieux gérer leur business. « Zot ti biznes, mo kwar bokou dan sa proze la. Li tir nou dan dife kan nou ena enn prodiksion dizef de manier regilie e se gras a lavant dizef ki parfwa nou kapav gagn enn ti cash an plis pou aste kitchose pou kwi. Mo pou fer maximum pou ed bann nouvo ki pe komanse », promet-elle.

Poonam Sweedeen, une habitante de la localité et très engagée dans le social, s’est portée volontaire elle aussi pour soutenir les projets. « Comme c’est une localité où il y a des familles pauvres, je ne peux rester indifférente. Il y a des mères de famille qui ne peuvent aller travailler à cause de leurs enfants en bas âge. C’est ma façon à moi de les aider. Elles peuvent rester à la maison et travailler en même temps. Nous n’avons pas la prétention d’éradiquer la pauvreté mais de valoriser ces familles qui sont composées essentiellement de pêcheurs, de jardinières et de femmes au foyer et qui se trouvent parfois dans l’incapacité de faire bouillir leurs marmites et qui, malgré tout, essayent de sortir de l’engrenage de la misère. »

Mère de sept enfants, Marie Édouard Félicité qui, dans le passé, avait bénéficié du soutien du MAA pense que ce projet de pondeuses pourrait permettre aux gens de la localité de trouver un emploi.