Suite à la mission conjointe du Comité du patrimoine mondial et de l’ICOMOS en février dernier, et après analyse de leur rapport, le World Heritage Centre(WHC) et ses “advisory bodies 2016” estiment qu’il y a « un manque de volonté pour venir à bout de l’affaire juridique opposant l’État mauricien à Le Morne Brabant IRS Co Ltd (LMB) ». Pour eux, il est clair que cette affaire « doit être réglée définitivement et de manière harmonieuse ».
Dans leurs analyses et conclusions, le WHC et ses “advisory bodies 2016” écrivent : « In relation to the proposed development by LMB, the findings of the mission are noted. There is still a lack of resolution over the legal challenges associated with this development, a situation that has persisted since the time of inscription.» Ils observent que les promoteurs du projet « recherchent une compensation financière ». Ils soulignent que LMB affirme que, contrairement à ce qui avait été rapporté au moment de l’inscription du site, à l’effet que les terrains autour de la montagne appartenaient surtout à l’État, « aujourd’hui, on affirme qu’il y a à la fois des propriétés privées et des terrains d’État ».
Selon eux, des informations de cette affaire juridique avaient été communiquées à la mission. « It is however not clear on what grounds the company considers itself to have been financially disadvantaged, nor how its disputes relate to whether or not the land in the property is all owned by the State », écrivent-ils. Avant d’ajouter que, de toute manière, la question de propriété « is not, per se, an issue for the World Heritage Committee, rather it is the sole responsibility of the State Party, as stipulated in Paragraph 15 of the Operational Guidelines ». À plus forte raison que, selon les observations de la mission, les restrictions par rapport aux développements que la compagnie souhaitait y apporter « datent d’avant l’inscription du site » sur la liste du patrimoine mondial par l’Unesco car il avait été proclamé patrimoine national. Pour le centre du patrimoine mondial, « it is clearly important that the impasse between the State Party and the plaintiff is resolved in a definitive and harmonious manner ».
La mission a observé que « the developers have withheld access to their leased land, which in turn hinders access to the main route up Le Morne Mountain, and to the Makak archaeological site, which lies within the development area ». Tout en regrettant cette situation, avec des implications importantes concernant la préservation, la gestion et le développement des activités, et alors que l’affaire se poursuit devant le tribunal, le WHC estime que Le Morne Heritage Trust Fund (LMHTF) « doit poursuivre son travail au mieux de ses capacités ».
Le centre du patrimoine mondial loue la démarche du gouvernement mauricien pour l’inscription de ce site d’un point de vue historique et identitaire, notamment pour la communauté créole. Il apprécie aussi les recherches archéologiques sur les marrons entreprises par l’Université de Maurice. Considérant l’importance du site Makak, la mission avait recommandé qu’une demande soit faite aux promoteurs pour donner accès aux chercheurs afin qu’ils puissent poursuivre leurs travaux. La mission a aussi relevé que LMHTF considérerait « the possibility of eventually acquiring the Makak site as a possible visitor centre and point of entry to the property from the north ».
Le comité du patrimoine mondial se rencontre du 10 au 20 juillet en Turquie. Le prochain rapport de l’état de conservation du site du Morne est attendu pour le 1er décembre 2017. Il sera étudié à la 42e session du World Heritage Committee en 2018.