Le vigile Star Witness, qui avait déclaré avoir entendu et vu le défunt Iqbal Toofany se faire tabasser au poste de police de Rivière-Noire, dans la nuit du 1er au 2 mars dernier, campe toujours sur sa position. C’est la deuxième fois qu’il refuse d’identifier les cinq accusés: le Sergent Persant et les Constables Numa, Ragoo, Gaiqui et Laboudeuse, à travers une vitre. La parade d’identification, qui devait se dérouler hier matin à 9h30 aux Casernes Centrales, a donc été avortée, une fois de plus.
Selon son avocat, Me Assad Peeroo, il met en avant sa protection personnelle. De l’autre côté, les cinq accusés refusent, selon Me Neelkant Dulloo, l’avocat du constable Gaiqui, d’accéder à la demande dans la mesure où son client insiste que la confrontation se fasse en direct.
Dans une déclaration à Week-End, Me Dulloo dit ne pas comprendre comment le Star Witness a pu avoir le courage de jurer un affidavit en Cour sans compter qu’il s’est exposé à visage découvert devant la presse pour ensuite décamper au moment de la confrontation.
De l’autre côté, Me Peeroo dit que « si les accusés ont des droits, il en va de même pour un témoin. Mon client est un témoin de l’État et a, par conséquent, plus de poids dans la mesure où il s’agit d’un meurtre. » Et de poursuivre : « Si les accusés se disent innocents, pourquoi refusent-ils de se laisser identifier? »
Selon les deux hommes de lois, l’identification se fera fort probablement en Cour lors du début de l’enquête préliminaire.
L’enquête judiciaire instituée en Cour de Bambous sous la présidence du magistrat Dangeot pour faire la lumière sur le décès d’Iqbal Toofany, mort alors qu’il était sous police custody, a révélé qu’il y a eu foul play.
Sa mort a été attribuée à un « acute pulmonary oedema caused by hypovolemic shock following soft tissue injuries. » C’est ainsi que la charge provisoire de torture by Public Official a été révisée en celle de Murder pour les cinq officiers en poste à l’heure du décès.
Iqbal Toofany, 42 ans, père de trois filles, avait été arrêté par des éléments de l’Emergency Response Service (ERS) de Rivière-Noire en face de La Balise Marina car la plaque d’immatriculation de sa Toyota blanche ne correspondait pas à celle inscrite sur la vignette d’assurance. Il a ensuite été soumis aux limiers de la Criminal Investigation Division (CID) pour interrogatoire. Le défunt venait d’acquérir la voiture et n’avait pas encore eu le temps d’effectuer le transfert de nom. Par ailleurs, plusieurs objets, dont trois téléphones portables et une scie, avaient été retrouvés sur lui. Il n’avait pu expliquer leur provenance. Après une nuit en cellule, Iqbal Toofany a rendu l’âme à l’hôpital Candos où sa famille n’a cessé de crier à la brutalité policière.