Le DPP souhaite la réouverture du procès de Thesy Steven Robertson pour “wounds and blows causing death” sur la petite Anna-Julia, 8 mois. Pour cause, la mère de la fillette a été retrouvée et devrait témoigner.

Alors que ce procès en est déjà au stade de jugement après les plaidoiries des avocats de la défense et de la poursuite, un événement de taille est venu chambouler sa tenue. La mère d’Anna Julia Mootoo, Natasha Winnie Mootoo, qui était absente en cour lors du procès, a finalement été retrouvée.

Le Directeur des poursuites publiques souhaite ainsi la réouverture du procès pour que la mère puisse donner sa version des faits, preuves à l’appui. La poursuite, représentée par Me Abdool Raheem Tajoodeen, avait logé une motion en ce sens en cour.

Selon la poursuite, le témoignage de la mère dans cette affaire revêt d’une très grande importance car elle pourrait apporter des éléments nouveaux au procès. La défense, représentée par Me Alvin Juwaheer, a objecté à cette requête, avançant qu’un jugement est désormais attendu dans ce procès et que les plaidoiries ont été entendues. La magistrate Adeela Hamuth rendra son “ruling » à cet effet le 31 janvier.

Thesy Steven Robertson n’est autre que le compagnon de la mère de la victime. Il est poursuivi en Cour intermédiaire sous une charge de “wounds and blows causing death”. Il a plaidé non coupable.

Le 23 décembre 2015, la petite Anna-Julia est décédée des suites d’une fracture du crâne. Sa mère, alors âgée de 23 ans, habitant Cité Roche-Bois, et son concubin, Steven Robertson, 27 ans, avaient été appréhendés et inculpés du meurtre du bébé à l’avant-veille de Noël.

En allant faire admettre son bébé à l’hôpital Jeetoo, la mère avait menti aux médecins afin de justifier les graves blessures relevées sur le corps de la petite Anna-Julia. Selon elle, cette dernière avait « fait une chute », d’où les blessures à la tête et aux pieds principalement.

Sauf que le médecin légiste, le Dr Maxwell Monvoisin, avait estimé qu’une fracture du crâne était à l’origine du décès. Sans compter que la mère avait, à un certain moment, déclaré à la police que les blessures ne relevaient pas d’une chute accidentelle mais résultaient d’un acte d’agression délibéré commis par son compagnon.

Dans sa version des faits, Natasha Winnie Mootoo avait affirmé que la petite Anna-Julia avait été laissée sous la responsabilité de Steven Robertson et que vers 11h le jour du drame, elle était partie à la boutique, laissant son bébé entre les mains de son compagnon.

Or, à son retour, selon elle, soit une dizaine de minutes plus tard, elle devait constater que le bébé portait des blessures à la tête, notamment une bosse, ainsi que des traces de brûlures de cigarettes sur le corps. C’est finalement sur l’insistance de sa belle-soeur qu’elle devait décider de se rendre à l’hôpital.