Deux nouveau-nés décédés après leur naissance ou mort-nés, quatre mères qui perdent la vie après un accouchement ou une césarienne. Ces cas se succèdent depuis le début de l’année dans les hôpitaux publics, plongeant des familles dans la douleur et l’incompréhension.
Bien que les chiffres du ministère de la Santé indiquent que 99 % des naissances à Maurice ont lieu en présence d’un personnel médical qualifié, la mortalité maternelle continue d’augmenter au cours de ces dernières années pour atteindre 0,34 décès pour 1 000 naissances en 2011, après avoir connu un pic record de 0,65 en 2010. Dix femmes sont décédées en donnant la vie en 2009, cinq en 2010 et cinq en 2011. 234 enfants sont morts avant l’âge de 5 ans en 2011, soit 15,9 pour 1 000 naissances. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les causes de ces décès sont évitables.
Maurice a par ailleurs adhéré aux objectifs du Millénaire pour le Développement adopté par la communauté internationale en 2000 et visant à améliorer les services de Santé maternelle. Le dépistage et la prise en charge médicale du diabète et de l’hypertension pendant la grossesse et les soins d’obstétriques d’urgence et néonatals sont cités comme des moyens de sauver des vies des mères et des nouveau-nés.
Par ailleurs, le pourcentage de nouveau-nés pesant moins de 2 500 grammes à la naissance continue de s’accroître dans les services de Santé publique et privée mauriciens. De 7,9 % au début des années 90, ce taux était de 17,1 % en 2011.
Les décès des femmes lors des naissances sont dus à des complications pendant ou après la grossesse. 80 % des décès sont causés par des hémorragies sévères après l’accouchement qui selon un médecin, peuvent tuer une femme en bonne santé en deux heures. Les autres facteurs de mortalité maternelle les plus communs sont des infections après l’accouchement et l’hypertension durant la grossesse provoquant une éclampsie (convulsions). Les conditions d’hygiène, le traitement des infections dans les plus brefs délais et celui de l’hypertension pour réduire les risques d’éclampsie et des services de santé adéquats sont des conditions sine qua non selon l’OMS pour sauver les vies des mères et des nouveau-nés. Chez les nouveau-nés les complications des naissances prématurées, l’asphyxie à la naissance, les infections néonatales constituent les causes les plus commune de décès.
Les décès maternels et infantiles pendant et après l’accouchement sont évitables, affirme l’OMS car l’on connaît bien aujourd’hui les conditions médicales permettant de prévenir et de prendre en charge les complications. Selon l’OMS, les mort-nés sont liés directement au manque de soins qualifiés au moment du travail qui est un moment critique et pour la mère et pour l’enfant. 800 femmes qui accouchent et 3 millions de nouveau-nés meurent chaque jour dans le monde et 2,6 millions de bébés sont mort-nés.