Il a fallu un concours, The Most Outstanding Young Person, pour mettre en lumière Avinash Teeluck. Juriste de profession, Chairman du Cardiac Centre, Pamplemousses, président de Solaris qui vient en aide à ceux souffrant de cancer, son C.V. est impressionnant mais ce que l’on retient avant tout lors de l’entretien, c’est le dévouement de cet homme pour rendre les autres heureux. Le travail social, Avinash Teeluck en a fait sa maxime comme pour rendre hommage à sa mère Uma Bissoondoyal-Teeluck, parmi les premiers diplômés de Goodlands, aujourd’hui décédée.
Il parle avec son coeur tout en démontrant par ses actions qu’il est possible de réaliser de belles choses. Avinash Teeluck est un homme qui va vers l’essentiel. Sa philosophie est de toujours faire passer son prochain en premier. Solaris est une unité de chimiothérapie qui vise à aider ceux atteints de cancer. « Le cancer c’est un processus et nous à Solaris, on essaie de faire de la prévention, de sensibiliser tout un chacun et d’accompagner les malades. Il y a des campagnes de dépistage, de suivi, de traitement. On a mis en place une deuxième unité de chimiothérapie à l’hôpital du Nord. On veut voir des sourires sur le visage de ces patients et réaliser leur moindre souhait qui pourrait leur apporter une guérison. » Il y a aussi eu un concert en 2010 pour les enfants défavorisés de Goodlands ainsi qu’une marche de solidarité en 2011. Parlant du terme bénévolat, Avinash Teeluck dira que ce mot englobe obligation et responsabilité de la part de tout un chacun. « C’est comme un éveil de sa propre conscience, on se doit de faire pour les autres, de leur donner un peu de réconfort et de soutien. Là où on peut aider, récolter des fonds pour les malades, les nécessiteux, il faut foncer. Le bénévolat, c’est une motivation, sans obligation. »
Parlant de son déclic dans cette voie, Avinash Teeluck raconte qu’enfant, il a été impressionné par la lecture d’Animal Farm. « L’histoire démontre la façon d’opérer d’une société. La trame, c’était que all animals are equal but some are more equal than others. C’est hélas une réalité, mais nous en tant qu’être humain, il est de notre devoir d’apporter un changement et de ramener tout un chacun sur un pied d’égalité. Il y a aussi eu Freedom at Midnight de Larry Collins et Dominique Lapierre qui était le livre de chevet de ma mère, et qui parle de l’époque de l’Indépendance de l’Inde et de la lutte qui s’ensuivit pour cette indépendance et de ceux qui l’ont fait sans ambition personnelle. »
Engagement
Cet ancien élève du Collège Royal de Port-Louis est loin d’être un rêveur. Son caractère, il l’a forgé à travers l’amour de ses parents. Il se souvient encore de ce jour où ses valises étaient prêtes pour qu’il aille étudier la médecine. « Mon père m’a serré dans ses bras et m’a dit “ne pars pas ce n’est pas une question de mois, mais des années que tu seras absent”. Je suis resté et il fallait que je trouve un autre métier, et j’ai fini par être juriste. » Dans la voix et le regard d’Avinash Teeluck, il y a cette affection pour ses proches et cette tristesse d’avoir perdu sa mère. « C’est là qu’on comprend que la vie ne tient qu’à un fil. » Avinash Teeluck prendra le temps de raconter une histoire, celle d’un chauffeur de taxi qui s’est mis à klaxonner devant la porte d’une vieille dame. Au lieu de se rendre à l’hospice elle a voulu faire un détour dans plusieurs endroits, histoire de se remémorer quelques pages de sa vie qu’elle a contées au chauffeur. Et quand ce dernier l’a déposé devant la porte de l’hospice et en entendant le claquement de cette porte qui se refermait, il a compris que c’était la mort et qu’il avait permis à cette dame de vivre ses derniers instants de bonheur. « Cette histoire, c’est le reflet de nous tous, d’où la nécessité d’un engagement pour aider les autres. »
Son engagement à lui repose sur un seul mot, la passion. « Tout doit être fait avec amour et le coeur, le résultat est alors plus concret », dira sans détour notre interlocuteur. Homme au franc parler, il dira que faire du social demande un temps de réflexion, mais qu’une fois engagé, cela devient une source d’inspiration pour d’autres. Il remercie le JCI pour ce concours. « Ce n’est pas juste une compétition, mais cela démontre aux jeunes qu’il y a une nécessité, voire une obligation, d’aider son prochain. Il faut le déclic, et la JCI ne fait que consolider davantage cet engagement. » Deuxième runner-up, Avinash Teeluck accueille cette récompense sereinement. « Chaque cause est noble et pour moi, il n’y a pas eu que trois gagnants mais les 26 participants ont été des zétoiles nu ti zil, car chacun d’entre nous avait contribué pour rendre la vie de l’autre meilleure. Ce qui motive une personne d’aller loin, c’est sa passion et cette même passion devrait être source pour aider les autres nécessiteux. » À 32 ans, Avinash Teeluck a encore tout à attendre de la vie, au mois de décembre il jouera sa carte du bonheur en épousant la femme de sa vie. « L’amour, c’est aussi un engagement. »