Après ses études secondaires au collège Royal de Curepipe, Moti Gokulsing travaille pendant quelque temps comme enseignant remplaçant avant d’obtenir une bourse pour aller étudier en Grande-Bretagne. Il obtient un degré en Education à l’université de Bristol avant de rentrer à Maurice où il passe deux ans, le temps de « rembourser » son « bond », l’engagement qui le liait au gouvernement. Il retourne ensuite en Grande-Bretagne où il gravit les échelons dans l’enseignement universitaire pour terminer comme Principal Lecturer dans une université de Londres. Avec des amis, il fonde l’International Society for the Education of Teachers qui publie des manuels d’analyse sur l’évolution du système d’éducation de plusieurs pays. A un moment donné de sa carrière, Moti Gokulsing envisage de rentrer à Maurice pour enseigner et envoie une lettre dans ce sens à l’université de Maurice. Une missive qui reste sans réponse et qui pousse Moti à poursuivre sa carrière en Grande-Bretagne dans l’enseignement des mass media, la formation d’enseignants et l’édition universitaire. En 1996, lors d’une conférence à Londres, il fait la connaissance de Wimal Dissanayake, un enseignant d’université originaire du Sri-Lanka et auteur, comme lui, de livres sur l’éducation. Les deux enseignants deviennent amis et décident d’écrire ensemble un livre sur le cinéma populaire indien. Deux universitaires vivant et travaillant en Grande-Bretagne écrivant un ouvrage sur le cinéma indien, qui plus est le cinéma populaire. Pas très intellectuel comme démarche, non ? « Au contraire, c’était une démarche intellectuelle et pédagogique. Wimal et moi avons été, comme tous les enfants de la diaspora indienne, bercés, élevés, par l’univers des films indiens. Il n’était pas nécessaire de comprendre la langue, car tout dans le film indien est simplifié — pour ne pas dire grossi — à l’extrême, afin que tous les spectateurs, aussi bien ceux des villes, qui sont éduqués, que cceux des villages les plus perdus, puissent le comprendre facilement. C’est cette simplicité — d’autres diraient ce simplisme  — qui a fait le succès du cinéma indien en Inde et, de plus en plus, dans le monde. Et pas uniquement dans les communautés indiennes de la diaspora. Les cinéastes indiens ont su trouver le langage universel qui permet à l’Egyptien, au Chinois, au Chilien ou à l’Européen d’entrer tout de suite dans son univers très particulier. »