La motion d’annulation concernant la haute des prix des produits pétroliers présentée par Alan Ganoo a été rejetée hier soir à la suite de l’intervention d’une douzaine de parlementaires de la majorité et de l’Opposition.
Le président du Mouvement Patriotique (MP), qui a résumé les débats hier soir, a demandé au Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, de prendre en compte les récriminations de la population qui ont été exprimées par les parlementaires de l’opposition et de profiter du prochain budget 2017-2018 pour revoir le mécanisme utilisé pour permettre à la STC de fixer les prix des produits pétroliers.
Clôturant les débats, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a observé que les débats sur la motion d’Alan Ganoo démontrent la volonté du gouvernement d’opérer dans la transparence. Il a rappelé que dans le passé, il a eu l’occasion de participer à d’autres débats sur des motions d’annulation similaires. Il avait alors dénoncé l’opacité autour des méthodes utilisées pour fixer les prix du carburant.
Aujourd’hui, a-t-il souligné, l’opposition a le droit de critiquer à tort ou à raison la hausse des prix mais contrairement à ce qui se passait auparavant, les parlementaires disposent de tous les chiffres concernant l’achat des produits pétroliers ainsi que ceux concernant tous les éléments utilisés pour calculer les prix de l’essence et du diesel. La répartition des revenus découlant de divers prélèvements est connue de tous ainsi que leurs utilisations. Il a également réfuté l’argument de l’opposition à l’effet que les prix des produits pétroliers pratiqués à Maurice, et notamment de l’essence et du diesel, sont les plus élevés au monde. Il a cité une série de pays où les prix sont plus élevés dont la Grande Bretagne, qui est productrice de pétrole, l’Irlande, la France, la Chine, Hong Kong, Mayotte pour ne citer que ceux-là. Il a observé que même l’Arabie saoudite a procédé récemment à une hausse des prix des produits pétroliers. Il s’est également appesanti sur le fait que la volatilité des prix du pétrole sur le marché mondial ainsi que le taux du dollar américain sont en dehors du contrôle des autorités. D’où la nécessité de maintenir un montant minimum de Rs 100 M dans le fonds de compensation. Il s’est aussi réjoui de l’accord conclu avec les autorités indiennes pour l’importation des produits pétroliers, qui constitue non seulement une garantie en ce qui concerne l’approvisionnement, mais également en ce qui concerne les prix. Il a aussi fait comprendre que contrairement à ce qu’ont affirmé des orateurs de l’opposition, les prélèvements consacrés au MID Fund sont bel et bien utilisés, notamment pour les subsides accordés pour l’achat des chauffe-eau solaires.
Pour sa part, le député du MMM Reza Uteem a soutenu que le gouvernement n’a pas respecté sa promesse faite avant les élections de baisser le prix de l’essence et du diesel de Rs 10. Il estime qu’avec la baisse de 50 % des prix des produits pétroliers entre 2014 et 2015, le gouvernement disposait de la marge nécessaire pour respecter cet engagement mais au lieu de cela, ce sont des taxes additionnelles qui ont été imposées à la population, notamment l’augmentation de 300 % du prélèvement destiné au Build Mauritius Fund qui est passé d’une roupie à Rs 4. Entre janvier 2015 et avril de cette année, la STC a contribué un montant de Rs 2,09 milliards au Build Mauritius Fund, a-t-il observé. Il a relevé que pour la période 2015-2018, un montant de Rs 3,6 milliards a été réservé à la CWA afin de financer 17 projets. Or, jusqu’ici, seulement deux projets d’une valeur de Rs 114 M ont été réalisés. Aujourd’hui, le Build Mauritius Fund dispose d’un montant de Rs 5,3 milliards. Ce montant, dit Reza Uteem, est suffisant pour que le gouvernement puisse réaliser le programme prévu en ce qui concerne le remplacement des tuyaux, entre autres. Pour lui, il n’était par conséquent pas nécessaire d’augmenter le prix des produits pétroliers. Il a également demandé au gouvernement de prendre des mesures pour réformer complètement le « price fixing mecanism ».
Auparavant, le ministre Etienne Sinatambou a estimé que la motion d’annulation n’avait pas sa raison d’être. Il a observé d’autre part que le Build Mauritius Fund n’est pas uniquement consacré à résoudre le problème de l’eau. Il est désormais utilisé pour d’autres projets dont les projets routiers.