La motion que trois détenus, arrêtés à la suite du meurtre de Vikram Ghoorbin, ont déposé, réclamant leur remise en liberté sera entendue le mercredi 5 juin. Ils sont : Nizammudin Okeep, Ahmad Battun, alias Long, et Iswardeo Gooljar.
Le premier nommé a retenu les services de Mes Sanjeev Teeluckdharry, de Germain Wong Yuen Kook, et d’A. Oozageer, le deuxième, Me Nadeem Hyderkhan et le troisième, Me Steven Sauhoboa. En ce qui concerne la veuve de la victime, Madhuri (Simee) Ghoorbin, son avocat, Me Arasen attend encore quelque temps avant d’envisager une telle démarche.
Tout un plan avait été élaboré afin de faire Vikram Ghoorbin disparaître. Selon certaines indications, l’instigatrice de cette machination serait nulle autre que Simee elle-même. Elle aurait d’ailleurs confirmé aux enquêteurs que le paiement de Rs 10 000 a été effectué dans le salon de coiffure qui appartient au suspect N°1, Reza Jeeawoody, 23 ans.
Le plan était le suivant : sur le coup de 17 h 30 le mardi 16 avril, Nizammudin Okeep, au volant d’un 2×4, devait récupérer Jeeawoody à son salon de coiffure à Triolet. Au domicile de Reza Jeeawoody toujours à Triolet, des barres de fer et un couteau, entre autres, ont été emportés en vue d’infliger une correction à Vikram Ghoorbin. Okeep et Jeeawoody avaient donné rendez-vous à l’amant de Madhuri Ghoorbin, Iswardeo Gooljar, dans les parages du terrain de football de Petit-Raffray.
Ils avait déterminé comment et où ils allaient attirer la victime. Mais un premier essai avait échoué : il ne se trouvait pas chez lui. Par la suite, les quatre suspects devaient garer leur 2×4 en face du Restaurant Bubbles, non loin à Petit-Raffray. Un peu plus tard, vers 20 h 30, la bande devait revenir à la charge et parvenir à convaincre Vikram Ghoorbin de les suivre.
Tous les lieux où les suspects se sont rendus ont été montrés à la police lors de la reconstitution des faits. Ainsi, le cortège de la police devait à ce moment suivre le trajet emprunté par le véhicule conduit par Nizammudin Okeep mardi et se rendre dans un champ de cannes à 300 mètres de la route principale à Camp-Maillet, Cap-Malheureux, là où le crime a été commis.
Une fois arrivés sur ces lieux, vers 13 h 30, les quatre suspects devaient raconter dans les moindres détails aux enquêteurs le déroulement de l’agression. Ils ont montré le lieu exact dans ce sentier du champ de canne où la victime a été projetée à terre avant d’essuyer des coups de poing, de pied, de gourdins et de barres de fer, avant de recevoir un coup de couteau à la hanche, asséné par Reza Jeeawoody. « Enn moman done mo rant dan mo transport ek mo dir zot ase bate nou pran li nou ale. Reza inn vinn kot mo transport kot mo laport deryer kote goss. Linn tir enn kouto. Ler mo get sa kouto-la, mo latet inn fatige. Mo pann kone ki pou dir li dan sa ler-la. Mo pann rod dir li nanyen tansion li pik sa ar mo mem », a soutenu Nizammudin Okeep aux enquêteurs sous la supervision du surintendant Manaram de la MCIT.
Alors que jusque-là, l’exercice s’était déroulé dans le calme, les quelque 200 personnes se trouvant aux abords du lieu du crime devaient commencer à conspuer les suspects. Les responsables de la police devaient calmer les esprits, alors que les éléments de la Special Support Unit avaient dégagé un périmètre de sécurité pour tenir les badauds à distance.
Selon la chronologie des faits, Madhuri Ghoorbin, Reza Jeeawoody, Nizammudin Okeep devaient ensuite aller prendre une collation au restaurant Marmite Mauricienne à Trou-aux-Biches alors que leur victime agonisait dans le champ de cannes à quelques kilomètres. Ces trois suspects ont identifié le lieu. Reza Jeeawoody a également montré aux enquêteurs le terrain où il a caché le couteau de boucherie, derrière la maison de Long à Grand-Baie, qu’il a utilisé pour tuer la victime.