Après que la poursuite a terminé le « case for the prosecution » vendredi dernier, la défense a présenté une motion de « no case to answer », ce à quoi a objecté la poursuite. Me Siv Pottaya a ce matin présenté ses arguments selon lesquels, faute de preuves, la Cour devrait arrêter le procès. Il a soutenu que son client est poursuivi pour meurtre sous l’article 217 du Code Criminel mais selon lui cette affaire ne démontre nullement qu’il y a eu préméditation. L’avocat s’est appuyé sur le jugement Rejina v/s Vyavree et devait par la suite brosser un tableau des divers témoignages qui ont été donnés en Cour, notamment ceux des enquêteurs et d’autres personnes qui ont été à un moment connectées à l’affaire. L’avocat de la défense s’est appesanti sur ce qu’il estime être un point important, celui du rôle du chien renifleur Simba emmené sur les lieux du crime. Après avoir reniflé la scène du crime, souligne-t-il, le chien de la police a emprunté un chemin autre que celui qu’avait pris l’accusé. L’avocat a ainsi suggéré que le double meurtre a pu être commis par une autre personne.
Me Siv Pottaya s’est également attardé sur les contradictions de certains témoignages clés donnés en cour. Plusieurs d’entre eux, dit-il, ne corroborent pas les dépositions données à la police. « Dans sa déposition, le témoin Deepak Bahadoor a indiqué qu’il avait trouvé un téléphone portable Nokia sur l’accusé alors que devant la Cour il l’a nié. De plus, un autre témoin avait dit à la police qu’au moment des faits il était déjà couché chez lui et devant la Cour il a déclaré qu’à 20 h il était allé rejoindre un ami pour aller prendre une boisson », a soutenu Me Pottaya. Ce dernier a aussi évoqué le rapport du Forensic Science Laboratory qui avait révélé la présence de l’ADN d’une des deux victimes dans la poche de l’accusé. « Si quelqu’un avait donné autant de coups de couteau, il y aurait eu du sang des deux victimes partout », a souligné Me Pottaya. L’avocat a ainsi demandé à ce que le procès soit rayé car selon lui « il n’y a pas suffisamment de preuves qui démontrent qu’il y a eu préméditation ».
Le Principal State Counsel Me Medhi Manrakhan a pour sa part maintenu que « there is a case to answer ». Il a demandé à la Cour de laisser le jury déterminer la crédibilité des témoignages et de prendre sa décision. Me Manrakhan a souligné que le juge doit être guidé par le principe qu’il y a des preuves et qu’il faut laisser les membres du jury trancher. Il est aussi revenu sur certains points du procès, notamment le fait que l’accusé a lui-même indiqué être présent sur les lieux du crime ce jour-là. Il a aussi rappelé que le SOCO a relevé les traces de pas de l’accusé sur la scène du crime et que l’ADN d’une des victimes a été trouvé dans la poche du short que l’accusé portait ce jour-là. Me Manrakhan a aussi soutenu que l’enquête n’a à aucun moment révélé la présence de l’oncle de l’accusé Rajesh Ramlogun sur les lieux ce jour-là. « The evidences and witnesses have not been shaken incross examination. There is a case against the accused. There was no knife missing from the house of the Jhurry. These two ladies were defenceless and could not have provoked the killer. The manner in which they were killed and the aftermath shows that there was premeditation », soutient Me Manrakhan, qui demande ainsi que le procès soit maintenu.