À sa conférence hebdomadaire samedi à Quatre-Bornes, le président du Mouvement Patriotique (MP), Alan Ganoo, a exhorté la ministre de l’Éducation à revoir sa décision d’exiger désormais « five credits » au lieu de trois pour l’admission en Lower VI.
« Cette décision de la ministre de l’Éducation, Leela Devi Dookun-Luchoomun, d’augmenter le nombre de « credits » de trois à cinq pour l’admission en Lower VI est une décision injuste, arbitraire et qui démontre l’amateurisme du ministère de l’Éducation », a lancé le président du MP, Alan Ganoo. Entouré de ses proches collaborateurs, il animait samedi sa conférence de presse hebdomadaire au siège de son parti, à St-Jean, Quatre-Bornes.
Selon Alan Ganoo, cette décision aura d’abord pour effet d’éliminer les « late developers » et les « slow leaners » de l’accès au HSC, et plus tard à l’éducation tertiaire. « Bien souvent, ces derniers proviennent de familles défavorisées et brillent au tertiaire », a-t-il ajouté. Il s’est demandé dans ce contexte si cette décision ne relèverait pas d’une stratégie de classe sociale. « Finalman, se 7 000 zelev, ki pou laplipar vinn de bann fami defavorize, ki pou elimine du système éducatif. C’est injuste », a-t-il avancé, chiffres à l’appui.
Le président du MP a déploré également que la ministre n’ait eu « aucune consultation » avec quiconque avant de prendre cette décision. « Une décision à la va-vite, prise unilatéralement, alors qu’il n’y a aucun secteur qui soit aussi important et sensible que celui de l’éducation pour le développement socio-économique du pays », a-t-il insisté. « Le but de l’éducation est de permettre aux jeunes, surtout ceux de milieux défavorisés, de progresser. La qualité de l’éducation ne peut être réduite aux performances aux examens du School Certificate ».
En outre, a poursuivi l’intervenant, si les élèves qui seront éliminés se tournent par la suite vers les filières technique ou polytechnique, celles-ci ne peuvent se résumer uniquement à des infrastructures. « Cela démontre que le gouvernement n’a aucun projet de société qui intégrera un plan pour faire de Maurice une high income economy », dit-il. « Nous ne pouvons nous permettre de faire de la population uniquement une population d’élites ».