La Commission Éducation du Mouvement patriotique (MP) a commenté hier lors d’une conférence de presse la décision du ministère de l’Éducation d’exiger cinq “credits” pour l’admission en Lower VI. Vassen Corooppunnen, le porte-parole de cette commission, estime que cette décision « est un crime contre la jeunesse » et s’interroge sur les motivations du gouvernement à prendre une telle décision.
« Cette décision du ministère de l’Éducation d’exiger “5 credits” au lieu de trois pour l’admission en Lower VI fera augmenter le taux de décrochage scolaire des jeunes, rendra le nombre d’enseignants et membres du personnel non enseignant superflu et fera également augmenter le taux de chômage », a déclaré le porte-parole de la Commission Éducation du Mouvement patriotique, Vassen Corooppunnen. Entouré des autres membres de cette commission, ce dernier intervenait hier après-midi à une conférence de presse tenue au siège du MP, à St-Jean, Quatre-Bornes. Il a ajouté que cette décision « pénalisera les élèves ayant un développement intellectuel lent ».
Selon Vassen Corooppunnen, augmenter le nombre de “credits” de trois à cinq pour l’admission en Lower VI « n’est pas dans l’intérêt des enfants de la campagne, ni de ceux venant de milieux défavorisés ». « Il n’y a que cinq à six collèges qui ont un taux de réussite de 100 % au niveau du School Certificate. Les autres ont un taux de réussite moyen de 70 %. Comment alors peut-on espérer que ces enfants décrocheront ces cinq “credits”, alors que le taux de réussite au SC baisse d’année en année ? », s’est-il demandé. « C’est un crime contre la jeunesse du pays ! »
Le porte-parole de la Commission Éducation du MP a avancé que cette décision entraînera une baisse du nombre d’élèves à partir de la Form V. « Où iront ceux qui n’auront pas eu les “five credits” pour passer en Lower VI, mais qui ne pourront pas continuer leur Form V ? Est-ce que le gouvernement a pensé à leur proposer une alternative ? Est-ce qu’il y aura autant de places dans les institutions prévocationnelles ? Est-ce qu’il y aura suffisamment de moniteurs formés pour leur apprendre un métier ? » Autant de questions posées par Vassen Corooppunnen.
L’intervenant a critiqué d’autre part le “timing” de cette décision. « Comment peut-on cinq mois après la rentrée des classes et à la veille des prochains examens décider de changer ainsi radicalement la donne ? » a-t-il déploré. Il s’est également demandé si ce n’est pas « une ruse du gouvernement pour pousser les jeunes vers des institutions privées de formation, une sorte de privatisation déguisée de l’éducation ».
Vassen Corooppunnen s’est en outre interrogé sur les motivations du gouvernement en prenant cette décision. « Est-ce que le gouvernement a trouvé qu’il dépense trop en subsides pour les frais d’examens du SC et du HSC ? Est-ce que le gouvernement veut, dans le cadre du prochain Budget, diminuer le budget accordé à l’Éducation ? Nous demandons à la ministre de l’Éducation de revoir cette décision », a-t-il conclu.