Animant une rencontre avec la presse hier en fin d’après-midi à son quartier général à St Jean, Quatre-Bornes, le leader du Mouvement Patriotique, Alan Ganoo, s’est montré très crique envers l’Inde concernant la révision du Double Taxation Avoidance Treaty. Il a exhorté le gouvernement mauricien à user de diplomatie pour réclamer une extension de la période moratoire et à rassurer les opérateurs du secteur du global business.
« Nous regrettons aujourd’hui que la République de l’Inde ne se soit pas montrée sympathique à la cause mauricienne, compte tenu notamment des liens historiques et émotionnels qui lient nos deux pays. Il n’y a pas deux pays au monde qui ont de tels liens. C’est triste de constater qu’avec cette décision, Maurice subira les retombées négatives des nouveaux termes du protocole », a en substance déclaré Alan Ganoo.
« Est-ce que le gouvernement mauricien a suffisamment évalué l’impact direct de la révision de ce traité de non-double imposition ? Est-ce que le ministre Roshi Bhadain, malgré le grant de Rs 12 milliards, s’était suffisamment préparé pour aller négocier avec les Indiens ? N’aurait-il pas dû être mieux encadré par ces experts que nous avons à Londres et ailleurs ? » s’est demandé Alan Ganoo.
Si, selon le leader du MP, il est vrai que Maurice a reçu de l’Inde en termes de support budgétaire ce que l’Union européenne lui avait accordé quand elle avait centralisé son industrie sucrière, seul le temps dira si c’est bon ou pas pour le pays. « Pouvons-nous réellement évaluer que ce que nous perdons avec les retombées négatives des nouveaux termes du nouveau traité ? »
Alan Ganoo a souhaité que le gouvernement continue sa campagne d’explication à la population. « Les professionnels du secteur ont déjà exprimé leur désarroi. Le débat doit continuer afin d’expliquer à la population ce qui se passe dans ce secteur ».
Le leader du MP a par ailleurs exhorté le gouvernement à user de tous les moyens diplomatiques pour retarder l’entrée en vigueur du nouveau protocole et étendre la période de transition. « En vérité, le moratoire n’est que de 10 mois. Le gouvernement aurait dû user de ses liens historiques et émotionnels avec l’Inde pour réclamer une extension de la période de transition. D’autant que le PM indien a déjà dit que l’Inde ne fera rien pour blesser Maurice ».
Alan Ganoo a d’autre part plaidé pour que le GM rassure les opérateurs pour leur remonter le moral. « Il nous faut prospecter vers l’Afrique et essayer de trouver une formule gagnant-gagnant en termes de taxing rights ». Il a souhaité un débat plus dépassionné entre le gouvernement et les opérateurs d’autant, a-t-il précisé, que le secteur du global business est important pour l’économie mauricienne, avec « 5 000 emplois directs, une croissance d’environ 6 % en 2014, 3,5 % du PIB et 150 management companies. Le gouvernement doit de façon urgente rassurer les opérateurs ».