Les dirigeants de l’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM) ont plaidé, lors de la réunion du comité de politique monétaire (MPC) de la Banque de Maurice le 17 juin dernier, en faveur d’une augmentation du taux directeur de 15 à 25 points de base. Le MPC a voté finalement pour une baisse de 25 points de base, ramenant le taux directeur de 4,9 % à 4,65 %.
Selon une annexe aux procès-verbaux de la réunion du MPC publiée par la BoM, l’ACIM a soutenu sa proposition en faisant remarquer que le niveau actuel des taux d’intérêt est bas et n’encourage pas l’épargne qui a tendance à baisser. Les faibles taux d’intérêt conduisent à la dépréciation de la roupie et de ce fait augmentent les risques liés à l’inflation importée, vu que les prix élevés à l’importation sont passés aux consommateurs. Les possibilités que l’inflation grimpe davantage au cours des prochains mois sont réelles si l’on tient compte du fait que les syndicats du secteur privé vont aussi faire des demandes pour des ajustements de salaires après la mise en application des recommandations du Pay Research Bureau pour le secteur public. De plus, les effets de second tour de la hausse des prix des carburants et des prix élevés des légumes pourraient faire monter l’inflation.
L’ACIM, indique le communiqué de la BoM, a également « questioned the weight of inflation in the MPC decision ». Elle a argué que l’enquête 2012 sur le budget des ménages a démontré que l’écart entre riches et pauvres s’élargit alors qu’une enquête menée en 2006 avait révélé que les personnes au bas de l’échelle étaient plus affectées par l’inflation que celles en haut de l’échelle. « The decline in the purchasing power of the lower income groups should be given greater attention in reaching the interest rate decision », avait soutenu l’ACIM devant le MPC.
Autre observation de l’ACIM : la croissance économique n’a pas été inclusive. Les investissements du gouvernement dans les projets infrastructurels ont eu un impact limité sur les pauvres. Par ailleurs, l’ACIM a remarqué qu’il n’y a pas eu de pertes d’emploi dans les secteurs textile et touristique et qu’il était possible de « consider implementing pro-poor policies, including an interest rate increase », indique le compte rendu de la BoM.