La Banque de Maurice (BoM) prévoit un taux de croissance de 4,2 % pour 2016, un niveau légèrement plus élevé que celui anticipé (4 %) par le Chief Strategy Officer du MCB Group, Gilbert Gnany, dans la dernière édition de MCB Focus. Les prévisions de la banque centrale, rendues publiques hier après-midi, sont contenues dans les procès-verbaux de la réunion du comité de politique monétaire tenue le 9 novembre dernier.
Selon le document produit par la BoM, la croissance réelle de l’économie mauricienne devrait s’intensifier l’année prochaine vu que les conditions monétaires prévues demeureraient accommodantes. Les techniciens de la BoM pensent que l’investissement ainsi que la demande extérieure grimperont en 2016. « The execution of various infrastructure projects, as well as the implementation of measures contained in the Government’s Vision 2030, were posited to provide the required impetus to growth », annonce la Banque centrale dans les procès-verbaux de la réunion du MPC qui a été marquée par la décision unanime des membres de réduire de 25 points de base le taux directeur. Le Key Repo Rate a été ramené de 4,65 % à 4,40 %.
Les membres du MPC sont d’avis que les perspectives concernant l’inflation domestique sont relativement modérées, alors que les risques d’une baisse de la croissance économique étaient réels. Le comité a constaté que l’investissement privé n’a pas encore été relancé et que c’est une hausse de celui-ci qui agira comme élément catalyseur d’une croissance économique plus importante. Le MPC a accueilli favorablement la décision du gouvernement d’accélérer la mise à exécution de divers projets en vue de redresser la situation concernant l’investissement.
Par ailleurs, pour la quatrième année consécutive, l’indicateur de l’investissement à Maurice (Gross Domestic Fixed Capital Formation) subira un repli en 2015, cela en dépit des investissements plus importants de la part du secteur public. Relevant les prévisions du Statistics Mauritius, les procès-verbaux font état d’une baisse d’environ 0,5 % de l’investissement, après le recul de 6 % noté en 2014. Le taux d’investissement en pourcentage du Produit intérieur brut (PIB) chutera à 18,5 % en 2015. Certains estiment que ce taux doit dépasser les 25 % pour que le pays puisse enregistrer un taux de croissance plus élevé.
Les membres du MPC sont d’opinion que, dans la conjoncture, l’inflation ne pose pas de risques sérieux et que la headline inflation (moyenne de 12 mois du CPI comparée à celle des 12 mois précédents) restera sur une courbe descendante jusqu’à fin 2015. Pour ce qui est des pressions inflationnistes, jusqu’à fin 2016, il est estimé qu’elles seraient limitées.
En outre, il est souligné dans les procès-verbaux que le secteur bancaire est resté solide et bien capitalisé, le ratio d’adéquation du capital pour l’ensemble du secteur a baissé de 16,6 % en mars 2015 à 17,2 % en juin 2015, ce qui est, pour les autorités bancaires, une indication d’un « adequate buffer and sufficient resilience to deal with crisis situations ». Même si la part des créances douteuses dans les crédits totaux a augmenté, la qualité des actifs est jugée relativement solide.