L’ancien Chief Executive Officer de la Mauritius Post and Cooperative Bank (MPCB), Rajiv Beeharry-Panray, qui fait face à une double inculpation provisoire, a dû verser deux cautions de Rs 50 000 et de Rs 500 000 et des reconnaissances de dettes de Rs 10 millions pour sa remise en liberté provisoire. C’est ce qu’a annoncé ce matin la magistrate Manjula Kumari Bhojarut, qui a entendu les arguments de Me Hervé Duval (Jr), qui avait présenté une Bail Motion en faveur de son client. Le ministère public avait objecté à la motion alors que le principal suspect est intervenu dans le box des accusés pour soutenir qu’il n’a jamais été de son intention de se soustraire à la justice et surtout avec sa remise en liberté provisoire.
Me Duval, dont les services ont été retenus par Rajiv Beeharry-Panray, n’a pas manqué de stigmatiser les méthodes de l’enquête de la police, soit l’arrestation de son client sans la Documentary Evidence pour soutenir les actes d’accusation ou encore la couverture de cette arrestation dans la presse. À ce stade, les limiers du Central CID sont encore dans l’attente d’un Judge’s Order pour avoir accès aux comptes bancaires des principaux protagonistes dans la MPCB Saga ;
Toutefois, l’acte d’accusation déposé devant le tribunal de Port-Louis fait état de fraude de l’ordre de Rs 1,5 milliard de décembre 2012 à décembre 2014 avec quatre sociétés citées. Cette somme représente 45 % des Banking Toxic Transactions dans les livres de la MPCB. Cette démarche a eu pour conséquence que la viabilité de la MPCB a été remise en cause, nécessitant l’injection de « Fresh Capital by Government » pour éviter la banqueroute.
Pour la première inculpation, Rajiv Beeharry-Panray est accusé d’avoir comploté avec Pavaday Thondrayen, ancien General Manager de la MPCB et Rajesh Mykoo, Finance Manager de la même banque pour accorder par des « illegitimate means » des prêts pour un montant de Rs 1,5 milliard à Doomeshwarsing Gooljaury Group (Rakesh Gooljaury), au Prameswar Gooljaury Group, au Mohamad Akykhan Toorabally Group et au Rooplall Beerjeeraz Group. Ces compagnies, bénéficiaires de la générosité de l’ex-CEO, n’avaient pas fourni les garanties nécessaires.
La seconde inculpation logée contre Rajiv Beeharry-Panray s’articule autour du non-respect des « banking laws, guidelines and instructions issued by the Central Bank » pour ces mêmes prêts bancaires à ces quatre sociétés susmentionnées. L’ex-CEO est accusé d’avoir « processed loans and overdrafts without complying with credit risk management and credit impairment measurement and income recognition guidelines issued by the Bank of Mauritius ».