Depuis le début de cette semaine, les dessous des Toxic Loans de la Mauritius Post and Cooperative Bank (MPCB) ont pu se frayer un passage entre les différents aspects du BAI Mega-Financial Scam. À ce stade, le montant des Non-Performing Loans dans les livres de compte de cette banque, qui a favorisé outre mesure le patron de Fashion Style, Rakesh Gooljaury, ancien partenaire d’affaires de Nandanee Soornack, et son groupe est de l’ordre de Rs 1,7 milliard alors qu’initialement il était question de Rs 2,4 milliards. Cette estimation fait suite à un exercice d’évaluation confié à la firme d’experts-comptables d’Ernst & Young.
Le ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, qui devait brosser un tableau de la situation de la MPCB au conseil des ministres ce matin, pourrait annoncer cet après-midi les grandes lignes d’un plan de restructuration pour cette année. Pour sa part, l’ancien Chief Executive Officer de la MPCB Rajiv Beeharry-Panray pourrait être appelé à rendre des comptes au criminel sur la déroute de cette institution bancaire.
Dans des premiers commentaires publics, le Grand Argentier a voulu se montrer rassurant concernant la survie de la MPCB en ajoutant qu’il n’est nullement question de fermeture. Toutefois, le plan de restructuration prévu pour la MPCB prévoit une purge des Toxic Assets d’un montant de Rs 1,7 milliard des comptes de cette banque. Pour les besoins de cette opération d’évacuation des Non-Performing Loans, le gouvernement prévoit de doter la Banque de Développement d’un nouveau rôle  pour gérer ce portefeuille de Non-Performing Loans de la MPCB. Les détails devront être révélés par le ministre des Finances lors d’un point de presse cet après-midi.
L’un des dossiers les plus délicats à gérer concerne les Rs 839 millions de prêts accordés au fil des années par la MPCB au groupe de l’homme d’affaires rouge devenu orange avec les dernières élections générales du 10 décembre dernier. Pour ces Rs 839 millions de prêts et de découverts bancaires, Rakesh Gooljaury, avec la complicité de l’ex-Chief Executive Officer de la MPCB Rajiv Beeharry-Panray, et d’autres responsables de la banque, avait fourni 83 collatéraux (garanties), principalement des terrains résidentiels, dont la valeur totale ne dépasserait pas les Rs 100 millions, soit exactement Rs 97 millions.
Ces Rs 839 millions accordées à Rakesh Gooljaury représentent 50 % des Toxic Assets de la MPCB. Dans la perspective que le gouvernement décide de procéder à la mise sous administration judiciaire de ces créanciers en vue de recouvrer une partie des Assets de la MPCB, le patron de Fashion Style, propriétaire d’une série de boutiques hors taxes à travers l’île et également au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport Terminal et dans des Shopping Malls, devrait se retrouver dans de grosses difficultés d’opération et de visibilité sur le front économique.
De son côté, son Alleged partner in white collar crime, Rajiv Beeharry-Panray, qui fait l’objet d’une Objection to Departure, est déjà dans le collimateur des autorités. Aussitôt la mise à exécution de ce plan de redressement, les responsables de la MPCB devront se rendre au QG du Central CID pour consigner une déposition contre la maladministration de la MPCB. Les conclusions du dernier exercice de vérifications des comptes de cette banque par la firme Ernst & Young pourraient servir de base pour soutenir les accusations contre cet ancien nominé politique du gouvernement travailliste.
Dans la conjoncture, le problème de Non-Performing Loans ne concerne pas que la MPCB. Une autre institution financière, considérée comme faisant partie du groupe de Major banking players, fait face à des Toxic assets de l’ordre de Rs 1 milliard. Cette situation a surgi dans le sillage de l’écroulement de l’empire de Dawood Rawat. L’institution bancaire en question a consenti des prêts et autres facilités bancaires pour un montant de Rs 700 millions aux différentes entités de ce conglomérat et de Rs 300 millions au Chairman Emeritus de BAI, connu par la direction de cette banque comme « Dear Brother Dawood ».
Le conseil d’administration de cette banque, qui s’est réuni en cette fin de semaine, a pris connaissance de cette « fausse note dans les comptes ». La décision qui se dégage est que la banque n’aura d’autre choix que d’avoir recours aux procédures de « Written off » des Rs 1 milliard sans laisser des plumes dans l’opinion publique et politique.
Affaire à suivre…