La Mauritius Revenue Authority (MRA) Staff Association estime que les trafics dans le port sont le résultat d’un manque de personnel des douanes sur place. Selon son président Pranesswur Guness, le syndicat avait attiré l’attention du gouvernement sur cette situation, lors d’une réunion avec le vice-Premier ministre et ministre des Finances, en août 2012. « Cependant, rien n’a été fait pour y remédier », a-t-il déploré lors d’une conférence de presse à Port-Louis hier. Il a évoqué d’autres problèmes au niveau de la douane et réclame que l’organigramme du service soit revu.
« Il y a seulement deux douaniers pour couvrir toute la zone portuaire qui s’étend sur 8 kilomètres, avec sept portes d’accès, la nuit », indique Pranesswur Guness. D’où l’impossibilité d’exercer un contrôle strict sur les transactions qui ont lieu dans le port. Il déplore le fait que seule la douane a été pointée du doigt lors du récent trafic de poissons frigorifiés alors qu’il y a plusieurs points de contrôle : la police, de la Mauritius Port Authority (MPA) et de la Cargo Handling Corporation (CHC) qui sous-traite le service de sécurité, à l’entrée principale. Il estime cependant que l’entreprise de sous-traitance « n’a pas les compétences nécessaires pour le faire ». « Se la polis ki oper CCTV camera, kot lapolis ti été », fustige-t-il.
L’association déplore aussi le fait que le contrôle des sorties se fasse par des caméras de surveillance car pour elle, surtout avec le personnel restreint, les douaniers en fonction n’auront pas le temps de rattraper un suspect détecté.
Le syndicat craint que des situations similaires ne se produisent à l’aéroport si des mesures concrètes et immédiates ne sont pas prises.
Toujours au niveau de la sécurité, mais des douaniers cette fois-ci, elle déplore que « des véhicules d’entreprise existent mais l’administration sous-traite le service ». Pour soutenir ses propos, le secrétaire de la MRA Staff Association, Bijoykumar Ancharaz, indique que « fin février, les douaniers en poste ont dû voyager en taxi, avec de la drogue saisie pour une valeur de Rs 35 millions, des Casernes centrales à Port-Louis, pour se rendre au Forensic Laboratory à Réduit ».
Autres points abordés : l’excise duty, les excise stamps et le contrôle du niveau d’alcool dans les boissons alcoolisées. Dans le passé, dit M. Ancharaz, un employé des douanes était affecté dans les 14 distilleries de Maurice produisant bière, alcool fort ou vin pour contrôler le niveau d’alcool des produits. « Depi oktob 2013, inn tir ofisier la douann e inn met meter flow me la plipar ekipman pa marse », avance l’intervenant. Il souligne aussi que les bouteilles ne sont pas toutes conformes aux normes qui permettraient de fixer les excise stamps, comme préconisé par la MRA. « Pa kapav kol excise stamps, li pa tini », dit-il.
L’association estime que des postes supérieurs sont créés et pourvus à des gens qui n’ont pas la compétence nécessaire pour les assumer.
Prenant la parole à son tour, Rashid Imrith de la Federation of Public Sector and Other unions (FPSOU), à laquelle est affiliée l’association, annonce qu’une réunion est prévue avec la direction des douanes mardi prochain. Le syndicat demandera une révision du calendrier de travail et de la structure du service des douanes. L’organigramme, dit-il, est resté le même depuis 2008 alors que le volume de travail a augmenté. C’est la dernière chance accordée à la direction, affirme la MRA Staff Association, qui n’écarte pas la possibilité d’un sit-in.