Depuis février dernier, le Mauritius Research Council (MRC), en collaboration avec la Carnegie Wave Energy Ltd (Australie), explore les possibilités d’exploiter l’énergie des vagues (houlomotrice). À cet effet, des dispositifs de surveillance des vagues (“wave monitoring devices”) sont installés dans le lagon au large de Souillac pour collecter des données.
Avec ses 2,3 millions de kilomètres carrés de zone économique exclusive, Maurice est stratégiquement  bien placée pour exploiter l’énergie de l’océan, indique un document du Mauritius Research Council (MRC). « L’énergie de l’océan peut prendre la forme de l’énergie éolienne offshore, celle des vagues de l’océan, des courants océaniques, et de l’énergie océanique thermale et saline », précise le document.
Le MRC estime par conséquent que les énergies marines renouvelables peuvent amplement contribuer à la sécurité énergétique de Maurice et aider à dépasser l’objectif d’atteindre les 35% de notre production d’énergie à partir des sources renouvelables. Ainsi, des recherches préliminaires sur l’énergie éolienne offshore et sur les énergies houlomotrices dans les eaux de Maurice et de Rodrigues ayant donné des résultats encourageants, le MRC affirme que le secteur des énergies offshore mauriciennes offre « d’énormes potentiels » pour le développement et la croissance au point de pouvoir se mesurer à l’échelle mondiale.
Dans ce contexte, poursuit le document, le MRC a recherché la collaboration de la firme australienne Carnegie Wave Energy Ltd pour étudier les perspectives de développement de l’énergie des vagues à Maurice. Suivant la signature d’un accord de collaboration entre le MRC et cette firme australienne, cette dernière a soumis, à travers la haute commission australienne à Maurice, un projet au ministère des Finances et du Développement économique, intitulé “High Penetration Renewable Energy Roadmap, Wave Resource Assessment and Wave-Intergrated Micro grid Design in Mauritius”.
Ce projet a trois objectifs. D’abord faire une évaluation des possibilités pour une plus grande promotion des énergies renouvelables (y compris celle des vagues), qui offriraient des sources d’énergies viables pour la production d’électricité et d’eau potable. Puis celui d’évaluer les sources d’énergies houlomotrices et la possibilité de développer des centrales d’énergie houlomotrice commerciale CETO (technologie australienne) à Maurice. Et, enfin, concevoir un mini-réseau décentralisé intégrant les énergies renouvelables de multiples sources (comprenant celles des vagues et des panneaux solaires photovoltaïques) pour produire une énergie stable et de qualité, pouvant également alimenter un système portable de dessalement de l’eau de mer. Le projet, estimé à environ USD 990 millions, est financé à 19% par Carnegie et à hauteur de 81% par le gouvernement australien.
Selon le document du MRC, le projet a été initié en février dernier, le conseil des recherches ayant la responsabilité de collecter, pour le compte de Carnegie Wave Energy Ltd, les données relatives aux conditions climatiques locales, aux vagues, à la bathymétrie et à la consommation de l’énergie électriques des divers stakeholders.
À cet effet, des dispositifs de surveillance des vagues (“wave monitoring devices”) sont installés depuis le 27 juin dans le lagon au large de Souillac, et ce avec la collaboration de la National Coast Guard (NCG), des Mauritius Meteorological Services et de l’Hydrographic Unit du ministère du Logement et des Terres. « Cinq sites au large de Souillac, à pas plus loin de 3 km en mer et à une profondeur de 50 mètres, ont été identifiés pour installer ces dispositifs », précise le document du MRC.