L’huile de coco peut être utilisée comme substitut au diesel, indiquent des recherches effectuées récemment à Agalega par le Mauritius Research Council (MRC), en collaboration avec l’Outer Islands Development Corporation (OIDC). L’objectif est d’aider Agalega à réduire sa dépendance envers les carburants fossiles et importés, car ceux-ci sont expédiés de Maurice. Le projet aiderait par ailleurs à neutraliser l’émission de 33 tonnes de dioxyde de carbone. Les chercheurs présenteront les résultats de l’étude lors d’un atelier de travail au MRC demain.
D’autres collaborateurs, notamment la Central Water Authority (CWA), le ministère des Énergies renouvelables et des Services publics, le Central Electricity Board (CEB) et l’IVTB travaillent sur la mise en oeuvre de ce projet intitulé « L’utilisation de l’huile de coco comme substitut du diesel pourra transformer Agalega en une Île Durable », affirme-t-on. L’objectif est de réduire la dépendance de cette île par rapport aux importations. Pratiquement toutes les commodités des besoins de la population agaléenne proviennent de Maurice. Les quelque 300 habitants dépendent constamment de générateurs alimentés au diesel pour la production d’électricité. Avec l’augmentation conséquente du volume de diesel exporté à Agalega (+3,6 % de 2000 à 2008), Maurice espère, à travers ce projet, réduire les coûts liés au fret.
Agalega compte environ 20 000 cocotiers sur une surface de 800 hectares. Cela représente 30 % de la surface de l’île. Chaque année, 15 000 litres d’huile de coco sont produits et expédiés à Maurice pour y être vendus. Ce projet est un suivi de l’étude, effectuée en 2007/2008 par le MRC à Maurice, sur l’utilisation de l’huile de coco comme alternative au diesel pour le transport. Les résultats ont ainsi démontré que cette huile pourrait être un parfait substitut au diesel. L’étape suivante consiste à examiner la possibilité d’utiliser l’huile de coco dans des générateurs diesel pour produire de l’électricité.
Dans un premier temps, le projet sera mis sur pied sur une base pilote. Outre la production d’énergie, ce projet vise à réduire la menace qui pèse sur la qualité des eaux souterraines, à renforcer les capacités par la formation des habitants d’Agalega sur la modification et l’entretien des moteurs de véhicule et de générateur afin qu’ils fonctionnent avec de l’huile de noix de coco.
Le MRC avait effectué une visite à Agalega en novembre 2009 pour convertir un tracteur afin qu’il fonctionne à l’huile de coco. Cette visite a également permis d’explorer la possibilité d’introduire des techniques alternatives de traitement pour produire de l’huile de noix de coco vierge et d’analyser d’autres méthodes pour en augmenter la production. Une équipe de l’Université de Maurice et du Bureau de Normalisation de Maurice a par la suite poursuivi les recherches sur l’île. Les chercheurs présenteront les résultats obtenus lors d’un atelier de travail dans les locaux du MRC à Ébène demain.