Le ministère de la Santé, en collaboration avec le Mauritius Research Council et l’Université de Maurice, mène actuellement une étude pour analyser les troubles de l’hypertension artérielle chez la femme enceinte afin de prévenir la pré-éclampsie qui apparaît lors de la deuxième moitié de la grossesse. L’étude, qui estime que les aspects médicaux ne sont pas assez pris en considération, vise ainsi à déterminer les facteurs de risques et à recommander des moyens pour lutter contre cette maladie.
La pré-éclampsie (toxémie gravidique) est une hypertension artérielle gravidique (HTA) qui apparaît vers la fin de la grossesse. Cette pathologie du dernier trimestre de la grossesse se manifeste par de l’hypertension artérielle et de l’albumine dans les urines. Elle est liée à une mauvaise vascularisation du placenta, qui secrète alors des substances nocives pour les vaisseaux sanguins. Cela va perturber les échanges entre l’utérus et le placenta et peut entraîner un retard de croissance chez le futur bébé. Le placenta n’assurant plus une oxygénation suffisante ni une nutrition correcte, la santé de l’enfant peut donc être affectée. Quant à la maman, les risques sont à la mesure de l’importance de l’hypertension. L’origine de la maladie reste inconnue.
La prise en charge de la pré-éclampsie se fait en milieu hospitalier avec une surveillance maternelle et foetale rapprochée. Seule la naissance de l’enfant permet d’arrêter la sécrétion du placenta et l’évolution de la pré-éclampsie vers ses complications neurologiques, hépatiques et rénales. Cependant, plusieurs études épidémiologiques récentes ont prouvé que la toxémie gravidique n’est pas juste une maladie liée à la grossesse qui est guérie par l’accouchement mais que, au contraire, elle représente un « marqueur de risque » associé au développement de maladies cardiovasculaires et d’insuffisance rénale terminale ultérieure, ainsi qu’un facteur de risque cardiovasculaire incluant un syndrome métabolique plus tard dans la vie, comprenant une hypertension artérielle.
Au niveau du ministère de la santé, l’on estime que la pré-éclampsie n’est pas suffisamment pris en compte. « Il y a peu de données portant sur l’effet spécifique du traitement antihypertenseur chez la femme », souligne-t-on. Ainsi pour la réalisation de cette étude, 500 femmes enceintes ont déjà été identifiées. Elles effectueront le test Inositol Phosphoglycan-P Type (IPG), autre indicateur d’insuline dans le corps. Les résultats seront présentés prochainement.