La longue mise au point de la Mauritius Shipping Company Limited (MSCL) qui se voulait une réponse à un article de Week-End sur la politique de recrutement de cet organisme d’État tombant sous la tutelle du ministère des Infrastructures publiques que dirige Anil Baichoo, loin de convaincre les salariés de ce secteur, les a davantage exaspérés. Aussi ont-ils décidé de parler. Résultat : les dénonciations continuent de plus belle.
Les réparations effectuées à grands frais en Afrique du Sud en 2012 puis à Singapour en mai dernier pour le Mauritius Trochetia à hauteur de Rs 13 millions suscitent bien des interrogations. Alors que le ministre Anil Baichoo avait, le 9 juillet dernier à l’Assemblée nationale, indiqué en réponse à une question de Raffick Sorefan que c’est suite à un appel à manifestation d’intérêt que la firme singapourienne avait été sélectionnée, les employés concernés veulent obtenir les chiffres fournis par tous les participants à cet exercice dont celui du Chantier Naval de l’Océan Indien pour une comparaison et ce qui a mis le chantier hors du coup.
La politique de recrutement qui avait fait l’objet d’un papier dans ces mêmes colonnes est aussi un des principaux griefs des salariés et, en dépit de ce qu’a avancé MSCL, ils persistent à dire que ce sont des proches de la direction et du ministre Baichoo ou encore ceux qui viennent de Flacq/Bon Accueil qui semblent obtenir priorité, même sur ceux qui sont plus qualifiés.
Et de citer le renvoi de trois stewards venant de certaines circonscriptions urbaines des basses Plaines Wilhems pour ensuite embaucher à leur place cinq personnes venant du N°9 dont un certain M., un ancien chauffeur de camion, N. ex-policier et R. ancien employé d’une usine textile qui ont tous l’avantage d’être proches du président de MSCL, Sudhir Maudhoo.
Sans compter cet intime du ministre promu du jour au lendemain de Security Officer à Procurement Officer sans que l’on sache qu’elles sont ses qualifications précises. À part évidemment d’être très bien connecté ! D’autres employés qui ont fait l’objet de rapports défavorables ont aussi été embarqués sur le Mauritius Trochetia comme si c’était devenu une nouvelle CNT.
Autre sujet dénonciation des employés, les conditions à bord. Locatel, qui offrait du divertissement audiovisuel, ont dû mettre un terme à leur contrat pour raison de factures impayées de plus d’un demi-million de roupies. Et si ce n’était que ça !
Les employés évoquent aussi un manque cruel de conditions hygiéniques de base, comme les détergents, le papier toilette et autres commodités qui ne sont pas fournis à temps ou qui ont baissé en gamme, sans compter la peinture pour bâtiment utilisée pour repeindre une partie du Trochetia.
La question du cargo taraude aussi les employés affectés à ce navire. Ils s’étonnent qu’il n’y ait pas une campagne agressive pour doper ce segment alors que d’autres compagnies qui opèrent sur les routes desservies se déplacent avec des cales bien remplies.
Autre sujet de mécontentement, ces croisières sur la côté ouest et les îles avec des repas servis dont personne ne sait comment ils sont fournis, leurs coût et si le service a été alloué après un exercice d’appel d’offres. Les employés soupçonnent que c’est un prestataire amateur et deux supermarchés se trouvant dans les N°7 et 9 qui se sont taillé la part du lion dans l’approvisionnement du bateau.
Pourquoi l’ICAC ne s’y intéresse-t-elle pas ? C’est la question que posent ces employés qui enragent de savoir que l’argent public soit ainsi gaspillé et que ce soit le bal des petits copains et des grands coquins qui a cours dans nos organismes publics. Comme ils le disent eux mêmes : l’ICAC doit venir justifier comment elle dépense chaque année Rs 150 millions de l’argent des contribuables et en quoi elle mérite un tel budget si elle n’arrive pas à freiner de tels abus.