Par la voix de ses représentants dont son président, Raj Seevlall, et son négociateur, Ivor Tan Yan, la Maritime Transport & Port Employees’ Union parle de « licenciements sauvages et injustifiés » à la Mauritius Shipping Corporation Ltd (MSCL). Selon eux, dans le cadre de ce qui est présenté comme une démarche de restructuration de cet organisme paraétatique, la direction se serait mise à « harceler » et à « intimider » les travailleurs. Alors que, disent-ils, ceux aujourd’hui au pouvoir qui avaient, lors de la campagne électorale, promis de créer 25,000 emplois uniquement dans le créneau de l’économie océanique, procèdent plutôt, ces jours-ci, à des licenciements dans le secteur maritime.
Ils s’élèvent vivement contre la façon de procéder de la direction pour informer ceux concernés par ces licenciements à la MSCL. Ils expliquent que celle-ci n’aurait rien trouvé de mieux que d’afficher, depuis mardi dernier, la liste des licenciés sur un mur dans le réfectoire de la corporation. Trois options ont été proposées à ceux concernés: quitter leur emploi, accepter un redéploiement ou renégocier leur contrat de travail. « Rien que pour cela, le président et les membres du Comité de direction de la MSCL ne méritent pas d’être à leurs postes », dit Ivor Tan Yan.
Selon ce dernier, les autorités useraient, ces temps-ci, du « prétexte » du nécessaire redressement des corps parapublics pour licencier des salariés. Outre la Mauritius Shipping, ils citent l’exemple des Casinos de Maurice. Les animateurs du syndicat s’étonnent que la direction demande aux travailleurs de faire des contre-propositions alors que, disent-ils, ces derniers ne savent même pas les raisons exactes de leur licenciement. Selon eux, les autorités laissent sciemment pourrir la situation dans les organismes paraétatiques comme la MSCL pour que « la manne tombe du ciel » par la suite au profit du secteur privé.
Le syndicat tient aussi à démentir les nouvelles publiées dans la presse qui laissent comprendre que certains salariés sous-qualifiés de Mauritius Shipping seraient surpayés. Ses animateurs expliquent, à cet égard, que les employés qui auraient été ainsi mis à l’index ont été recrutés au moment de la création de la MSCL en 1986 quand les qualifications de base en cours étaient moins exigeantes. Pour ce qui concerne des salaires surpayés, le syndicat dresse un parallèle avec les salaires comparatifs des ministres en 1986 et en 2015.
La Maritime Transport & Port Employees’ Union, qui se dit favorable au principe du « nettoyage », estime qu’il ne faut pas, pour autant, « tout mettre dans le même panier. » « Il ne faut pas que les travailleurs fassent les frais des largesses des anciens nominés politiques », disent ses animateurs. Ils insistent sur le fait que tout licenciement sans fondement est contraire au droit, et cela, même dans le cas d’un employé pas encore confirmé à son poste.