« Quand un ministre ne sait pas combien de personnes sont sorties de la pauvreté alors que son ministère (NdlR : l’Intégration sociale) a consacré Rs 700 M en un an à l’allégement de la pauvreté, c’est l’incompétence à son apogée ! ». C’est ce qu’a commenté la présidente de l’aile féminine du MSM Leela Devi Dookun, ce matin lors d’une rencontre avec la presse. La parlementaire a exprimé son inquiétude par rapport aux enfants de rue. « 6 870 enfants de rue dans un aussi petit pays, c’est alarmant ! »
« Extrêmement grave ! » C’est ce que pense l’ancienne ministre de la Sécurité sociale de la situation des enfants de rue à Maurice, problème revenu sur le tapis suite au rapport rendu public par SAFIRE la semaine dernière. Mais, le problème est d’autant plus grave, selon elle, que le gouvernement est demeuré silencieux sur la question. « Ki li Mme Bappoo, Mme Martin, zot finn gard silans radio ». Un silence qui, à ses yeux, est un aveu de culpabilité de même qu’une attitude, dit-elle, « typique des travaillistes, qui laissent les choses se détériorer tout en jouant aux aveugles ».
Elle devait ajouter qu’« il y avait même, à un moment donné, des personnes au sein du gouvernement qui affirmaient que le problème des enfants de rue n’existait pas ». Leela Devi Dookun-Luchoomun a par ailleurs fortement déploré que le ministère de l’Égalité des Genres n’ait pas répondu à la proposition d’aide d’un groupe de psychologues s’y connaissant en la matière. « Je trouve le manque de volonté pour aider les enfants en difficulté choquant ».
L’ancienne ministre devait rappeler que le gouvernement MMM/MSM avait mis sur pied tout un programme en vue d’encadrer les enfants en difficulté, ce qui avait, dit-elle, porté des fruits. « Le gouvernement travailliste a mis un terme à ce système et a renvoyé les travailleurs sociaux ». Le rapport de SAFIRE vient, estime-t-elle, révéler une faille au niveau du ministère de tutelle. « Si le rapport n’avait pas été préparé, on aurait pu croire que tout va bien ». Et, le fait qu’il n’existe pas une base de données fiable sur les enfants de rue peut, dit-elle, vouloir dire que ces enfants sont plus nombreux. « Sans compter les autres problèmes tels que la toxicomanie, la drogue, l’alcool et l’exploitation des mineurs ».
Ce qui est poignant, selon la présidente de l’aile féminine du MSM, c’est que parmi les 6 870 enfants de rue, « 1 500 sont mal nourris, 160 sont impliqués dans la prostitution et d’autres maltraités ».
Mme Dookun a par ailleurs regretté que les dons de matériel scolaire aux enfants nécessiteux doivent attendre que les ministres soient disponibles pour avoir lieu. « Quand nous n’apportons pas de soutien à temps à ces enfants, il ne faut pas s’étonner que leur situation empire ». La députée est également d’avis que « l’on ne peut dire qu’on ne peut redresser la situation. Il y a les CSR, il y a l’important budget attribué aux ministères. C’est le manque de volonté de changer les choses ! » Et de soutenir qu’« il aurait fallu faire un état des lieux de la situation des enfants de rue, identifier les causes et de là, établir un plan d’action. C’est ce qu’un gouvernement responsable aurait dû faire… ».